Vendredi saint 2021

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Calendrier liturgique — Pâques 2021

Vendredi saint

« Jésus […] dit à ses disciples : Vous savez que la fête de la Pâque aura lieu dans deux jours. C’est alors que le Fils de l’homme sera livré pour être crucifié. »

[…]

« Vers trois heures, Jésus cria d’une voix forte : Eli, Eli, lama sabachthani ? ce qui veut dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

[…]

« À ce moment, Jésus poussa de nouveau un grand cri et rendit l’esprit. Et voici qu’au même instant, le rideau du Temple se déchira en deux, de haut en bas ; la terre trembla, les rochers se fendirent. […]

« En voyant le tremblement de terre et tout ce qui se passait, l’officier romain et les soldats qui gardaient Jésus furent saisis d’épouvante et dirent : Cet homme était vraiment le Fils de Dieu. » (1)

Oui, je sais : ces quelques versets sont loin de raconter toute l’histoire. Il s’est passé tellement de choses durant cette dernière journée de Jésus à Jérusalem…

Le point central de cet événement, c’est que Jésus est mort sur la croix en expiant le péché de toute l’humanité. Or, du point de vue du Seigneur lui-même, la crucifixion a été le point culminant de bien des souffrances physiques et psychologiques.

Voici ce que l’on apprend sur les tourments de Jésus en faisant un rapide survol des chapitres 26 et 27 de l’Évangile selon Matthieu :

  • Les chefs du peuple juif ont comploté haineusement contre lui (26.3-5);
  • Judas, l’un de ses disciples, a préparé sournoisement sa trahison (26.14-16, 25, 48-50);
  • Pierre, un autre de ses disciples, a lâchement nié trois fois le connaitre (26.33-35, 69-75);
  • Jésus a vécu seul l’angoisse au jardin pendant que ses disciples dormaient (26.36-46);
  • Il a été arrêté comme un bandit, trahi avec un baiser, puis abandonné des disciples (26.47-56);
  • Son procès religieux a été une parodie de justice, avec une parade de faux témoins qui cherchaient à le prendre en défaut (26.57-67);
  • Il a été victime des insultes et des moqueries des chefs, d’intimidation et de brutalité gratuite de la part des gens présents (26.67);
  • Son procès civil, devant le gouverneur, a été manipulé (27.11-26a);
  • Il a reçu un châtiment brutal, il a été l’objet de la moquerie des soldats romains (27.26b-31);
  • On l’a humilié et cloué sur une croix au milieu des moqueries et des insultes (27.32-44);
  • Il a subi plusieurs longues heures de supplice et d’agonie avant de rendre l’âme (27.45-54).

Que dire de plus devant un tel tableau?

Souvent, après un film poignant, je m’imagine à la place de tel ou tel personnage : « Moi, j’aurais fait ceci et j’aurais dit cela… » Et évidemment, dans mon scénario, je me donne de belles paroles et de belles actions.

Ici, qu’aurais-je fait à la place de Pierre?…

Ou à la place de Nicodème, au sanhédrin, durant le procès de Jésus?…

Ou encore, à la place de Pilate?…

Dans mon orgueil, je voudrais dire : « Moi, j’aurais agi différemment! » Mais le fait est que moi aussi, je me serais endormi dans le jardin, puis j’aurais renié Jésus. Moi aussi, je me serais moqué de lui, je l’aurais insulté et condamné. Moi aussi, je me serais lavé les mains de son sort…

Et maintenant?…

« Alors [le Fils de l’homme] leur répondra : Vraiment, je vous l’assure : chaque fois que vous n’avez pas fait cela au moindre de ceux que voici, c’est à moi que vous avez manqué de le faire. » (2)

C’est ainsi que Jésus avait conclu la parabole des brebis et des boucs, quelques jours avant sa crucifixion. Cette parole m’interpelle aujourd’hui, en ce Vendredi saint…

Parce que ce n’est pas seulement l’orgueil et la violence, les vices et la méchanceté des gens de son époque qui l’ont cloué à la croix. Ce sont les péchés de toute l’humanité – passée, présente et à venir – qui convergeaient vers lui. Ce sont nos péchés à tous. Ce sont mes péchés…

Impossible d’y échapper.

Ce qui me rappelle d’autres paroles de Jésus, dites durant son dernier repas :

« Jésus prit du pain, puis, après avoir prononcé la prière de reconnaissance, il le partagea en morceaux, puis il les donna à ses disciples, en disant : Prenez, mangez, ceci est mon corps.

« Ensuite il prit une coupe et, après avoir remercié Dieu, il la leur donna en disant : Buvez-en tous; ceci est mon sang, par lequel est scellée l’alliance. Il va être versé pour beaucoup d’hommes, afin que leurs péchés soient pardonnés. Je vous le déclare : Désormais, je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu’au jour où je boirai le vin nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. » (3)

C’est un étrange retour des choses…

C’est à cause de mes fautes que son corps a été brisé, et il m’offre ce corps brisé pour être en communion avec lui.

C’est à cause de mon péché que son sang a été versé, et il m’invite à prendre part à l’alliance qu’il a scellé de ce même sang, laquelle garantit mon pardon.

 


 

Seigneur Jésus,
merci pour ton corps,
brisé à cause de mon péché,
sacrifice parfait
qui accomplit la justice de Dieu;
merci pour ton sang,
versé pour beaucoup,
versé pour moi,
par lequel mes péchés sont pardonnés.

Je veux manger ton corps,
je veux boire ton sang,
je veux entrer dans cette alliance
nouvelle et éternelle,
dans laquelle
mon salut est garanti.

Gloire à toi, Père sage!
Viens bientôt, Seigneur Jésus!

 

Fraternellement en Jésus,

 

Éléazar, le moine belliqueux

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Tous les passages bibliques cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1) Évangile selon l’apôtre Matthieu, chapitre 26, versets 1 et 2; chapitre 27, versets 46 à 54.
(2) Ibidem, chapitre 25, verset 45.
(3) Ibidem, chapitre 26, versets 26 à 29.