Avent 2019 4e dimanche

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Il est venu dans le monde – Avent 2019

4e dimanche – Il a vécu parmi nous

« Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous. Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique envoyé par son Père : plénitude de grâce et de vérité! » (1)

Avec ce verset, l’apôtre Jean revient au grand sujet de son prologue : l’incarnation.

Plus tôt dans son texte, il a parlé du côté divin de la chose : c’est Dieu qui s’est fait homme. (Voir le premier billet de cette série.)

Maintenant, il traite de l’autre aspect : Dieu s’est fait homme. Dieu s’est revêtu d’humanité, de ce qui fait de nous des hommes et des femmes (à l’exception du péché, bien sûr [2]). C’est un point fascinant! Et certains auteurs bibliques ont fait des commentaires dans leurs écrits qui en éclairent une facette ou une autre.

En parlant du Seigneur Jésus, l’apôtre Paul a écrit :

« Lui qui, dès l’origine, était de condition divine, ne chercha pas à profiter de l’égalité avec Dieu, mais il s’est dépouillé lui-même, et il a pris la condition du serviteur. Il se rendit semblable aux hommes en tous points, et tout en lui montrait qu’il était bien un homme. » (3)

Et l’auteur de l’Épître aux Hébreux a ajouté :

« Car ce n’est évidemment pas pour porter secours à des anges qu’il est venu; non, c’est à la descendance d’Abraham qu’il vient en aide. Voilà pourquoi il devait être rendu, à tous égards, semblable à ses frères afin de devenir un grand-prêtre plein de bonté et digne de confiance dans le domaine des relations de l’homme avec Dieu, en vue d’expier les péchés de son peuple. Car, puisqu’il a lui-même été éprouvé dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont éprouvés. » (4)

Les théologiens discutent – et discuteront encore longtemps – des implications doctrinales de ces passages. Mais une vérité beaucoup plus simple me touche : Dieu était avec nous, physiquement.

Emmanuel – « Dieu avec nous »

« Joseph, descendant de David, ne crains pas de prendre Marie pour femme, car l’enfant qu’elle porte vient de l’Esprit saint. Elle donnera naissance à un fils, tu l’appelleras Jésus. C’est lui, en effet, qui sauvera son peuple de ses péchés. » (5)

« Voici, la jeune fille sera enceinte et elle enfantera un fils, elle lui donnera pour nom : Emmanuel (Dieu avec nous). » (6)

Il me semble que Dieu a toujours voulu être avec nous.

Tout au début, à la création, il parcourait le jardin d’Éden le soir, lorsque la brise soufflait. (7) Je me plais à penser qu’il a certainement eu d’autres conversations avec Adam et Ève avant le jour fatidique où nos premiers parents lui ont désobéi.

Plus tard, lorsqu’il a libéré le peuple d’Israël du pays d’Égypte, il a donné des instructions à Moïse afin de construire un sanctuaire pour qu’il habite au milieu de son peuple. (8) Mais à cause du péché du peuple, l’accès à ce Dieu était difficile : on ne pouvait le voir et il fallait passer par tout un système de règles pour se purifier et apaiser ce Dieu saint.

C’était différent avec Jésus… Il a vécu parmi nous… Il s’est rendu semblable à nous en tous points...

Il a été conçu dans le sein d’une femme et y a été formé. Marie l’a porté pendant neuf mois. Il est né comme tous les bébés. Marie a dû changer sa couche et l’allaiter. Il a grandi comme tous les enfants. Joseph lui a appris son métier de charpentier. Et on pourrait continuer à énumérer tout ce qui caractérisait la vie d’un jeune Juif à cette époque : Jésus l’a vécu.

Un Dieu qu’on pouvait toucher

« Nous l’avons entendu, nous l’avons vu de nos propres yeux, nous l’avons contemplé et nos mains l’ont touché. – Celui qui est la vie s’est manifesté : nous l’avons vu, nous en parlons en témoins […] – Oui, ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, la communion dont nous jouissons est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. » (9)

L’apôtre Jean a entendu Jésus parler. Il l’a vu enseigner et faire des miracles. Il l’a touché… Et il a contemplé la gloire du Fils unique envoyé par son Père...

Gloire de Dieu : rayonnement qui se dégage de sa personne, éclat insoutenable de toutes ses perfections. (10)

Dans la vie courante, Jésus n’avait pas de luminescence qui irradiait de sa personne, comme en avait le visage de Moïse après qu’il fut resté auprès de Dieu pendant quarante jours pour recevoir la Loi. (11) En fait, Jésus n’avait rien dans son aspect pour attirer l’attention, selon le prophète Ésaïe. (12) Alors comment Jean a-t-il vu en lui la gloire de Dieu?

L’apôtre a vu la gloire de Dieu dans les miracles que Jésus faisait. (13) Ces actions extraordinaires qui arrivaient dans le quotidien, sans qu’on s’y attende : de l’eau ordinaire transformée en bon vin pour réjouir les invités à un banquet de noces; un homme paralysé qui, après une brève conversation avec Jésus, se lève et rentre chez lui; le déjeuner d’un jeune garçon qui, distribué à une foule nombreuse, la nourrit à satiété; un aveugle de naissance qui va se laver les yeux à la fontaine et qui voit. (14) Le simple fait d’être avec Jésus faisait en sorte qu’on était témoin de ces choses fantastiques.

Jésus lui-même a dit que la maladie de Lazare était « une occasion pour faire apparaître la gloire du Fils de Dieu » et qu’il avait fait connaître la gloire du Père sur la terre en accomplissant l’œuvre que le Père lui avait confiée. (15) Cette « œuvre » l’a mené jusqu’à la croix, où il est mort à cause de notre péché. Ça aussi manifestait la gloire du Fils unique envoyé par son Père : plénitude de grâce et de vérité!

Grâce et vérité. Voilà la gloire de Dieu qui se manifestait par la vie de Jésus. Quiconque venait rencontrer Jésus – quiconque l’entendait, le voyait, le touchait – avait accès à cette grâce, mais aussi à cette vérité.

En Jésus, Dieu était avec nous. On pouvait l’entendre, le voir, le toucher.

« J’ai reçu tout pouvoir dans le ciel et sur la terre […] Et voici : je suis moi-même avec vous chaque jour, jusqu’à la fin du monde. » (16)

 


 

En ce quatrième dimanche de l’avent 2019,
que l’Esprit saint nous rende sensible à la réalité
de la présence de Jésus avec nous;
qu’il nous fasse prendre conscience
que son humanité permet
à notre humanité de le toucher
et de bénéficier de sa grâce,
dans la vérité.
Oui, viens bientôt, Seigneur Jésus!

 

Fraternellement,

 

Éléazar, le moine belliqueux

_______________
Tous les passages bibliques cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1) Évangile selon l’apôtre Jean, chapitre 1, verset 14.
(2) Voir, par exemple, la Lettre aux Hébreux, chapitre 4, verset 15; la Première lettre de l’apôtre Pierre, chapitre 2, versets 21 à 23; la Première lettre de l’apôtre Jean, chapitre 3, verset 5.
(3) Lettre de l’apôtre Paul aux Philippiens, chapitre 2, versets 6 et 7.
(4) Lettre aux Hébreux, chapitre 2, versets 16 à 18.
(5) Évangile selon l’apôtre Matthieu, chapitre 1, deuxième partie du verset 20 et verset 21.
(6) Livre du prophète Ésaïe, chapitre 7, verset 14.
(7) Livre de la Genèse, chapitre 3, verset 8.
(8) Voir le Livre de l’Exode, chapitre 25, verset 8; et chapitre 29, versets 43 à 46.
(9) La Première lettre de l’apôtre Jean, chapitre 1, versets 1 à 3.
(10) René Pache, Nouveau dictionnaire biblique (St Légier, Suisse : Éditions Emmaüs, 1992), p. 521.
(11) Voir le Livre de l’Exode, chapitre 34; notamment le verset 29.
(12) Livre du prophète Ésaïe, chapitre 53, verset 2.
(13) Voir l’Évangile selon l’apôtre Jean, chapitre 2, verset 11.
(14) Évangile selon l’apôtre Jean, respectivement chapitre 2, versets 1 à 12; chapitre 5, versets 1 à 9; chapitre 6, versets 1 à 13; et chapitre 9, versets 1 à 7.
(15) Évangile selon l’apôtre Jean, respectivement chapitre 11, verset 4; et chapitre 17, verset 4.
(16) Évangile selon l’apôtre Matthieu, chapitre 28, deuxième partie du verset 18 et deuxième partie du verset 20.

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