Avent 2019 1er dimanche

Bannière - Avent 2019

Il est venu dans le monde – Avent 2019

1er dimanche – On ne l’a pas reconnu

« La véritable lumière, [...] en venant dans le monde, éclaire tout être humain. Celui qui est la Parole était déjà dans le monde, puisque le monde a été créé par lui, et pourtant, le monde ne l’a pas reconnu. » (1)

Cela fait déjà quelques semaines que j’essaie de réconcilier diverses idées qui me viennent en tête en pensant à ce passage. Il parle de création, c’est clair, mais aussi de révélation et d’incarnation, je crois. Mais comment les morceaux s’emboitent-ils?…

Le monde a été créé…

Le psalmiste dit : « Tous les cieux proclament combien Dieu est glorieux, l’étendue céleste publie l’œuvre de ses mains. » (2)

Je suis de ceux qui se laissent émouvoir par la beauté d’un coucher de soleil flamboyant ou par la majesté d’un sommet enneigé. J’aime regarder des photos ou des vidéos montrant les plongeons enjoués des grandes baleines ou le ballet aérien des petits colibris. Me retrouver dans la nature est pour moi une façon de reprendre contact avec mon Créateur. Je m’assois près d’un petit ruisseau aux eaux bouillonnantes et je laisse mes yeux et mes oreilles se remplir des images et des sons de la nature. Je réfléchis. Je prie…

Mais cette association de la nature au Créateur ne se fait pas automatiquement. De nos jours, la science explique bien des choses d’une autre façon. Et un athée, devant les mêmes paysages, les mêmes photos et les mêmes vidéos, est lui aussi émerveillé par la beauté de la… nature, tout simplement.

Il y manque quelque chose…

« Par la foi, nous comprenons que l’univers a été harmonieusement organisé par la parole de Dieu, et qu’ainsi le monde visible tire son origine de l’invisible. » (3)

Il y a une dimension invisible à la création, à laquelle on a accès par la foi seulement. C’est là qu’agit la Parole de Dieu.

Le monde a été créé par celui qui est la Parole…

« Au commencement était celui qui est la Parole de Dieu. Il était avec Dieu, il était lui-même Dieu. [...] Tout a été créé par lui; rien de ce qui a été créé n’a été créé sans lui. » (4)

L’apôtre Jean dit que Jésus est cette Parole puissante et agissante de Dieu. Et l’apôtre Paul dit qu’en ce même Jésus sont « cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance ». (5)

« C’est en lui qu’ont été créées toutes choses dans les cieux comme sur la terre, les visibles, les invisibles, les Trônes et les Seigneuries, les Autorités, les Puissances. Oui, par lui et pour lui tout a été créé. Il est lui-même bien avant toutes choses et tout subsiste en lui. » (6)

C’est Jésus « qui a présidé à toute la création de Dieu ». (7) C’est lui la Sagesse qui était le maitre d’œuvre de Dieu, qui dansait devant lui, qui jouait sur la surface de la terre. (8) (Cela me fait penser à la façon dont l’auteur C.S. Lewis décrit la création du monde Narnia dans le livre Le neveu du magicien : le lion Aslan [c’est-à-dire Jésus] chante le monde à l’existence. [9] J’aime beaucoup cette image.)

Celui qui est la Parole est venu dans le monde,
mais il y était déjà puisqu’il a créé le monde…

J’avoue qu’ici, je décroche un peu… Comment Jésus a-t-il pu venir là où il était déjà?

La seule piste de réponse que j’ai trouvée, c’est que d’une part, Dieu a créé l’homme à sa propre image, et d’autre part, Dieu est devenu homme en Jésus.

« Dieu dit : Faisons les hommes pour qu’ils soient notre image, ceux qui nous ressemblent. […] Dieu créa les hommes pour qu’ils soient son image, oui, il les créa pour qu’ils soient l’image de Dieu. Il les créa homme et femme. » (10)

« Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous. Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique envoyé par son Père : plénitude de grâce et de vérité! » (11)

Se pourrait-il que l’humanité fût à l’origine la marque par laquelle on devait reconnaitre le Créateur dans sa création?…

Au lieu de cela, il y a eu la chute et tout a été brouillé… jusqu’à Jésus. Lui, le dernier Adam. (12) « Celui qui m’a vu a vu le Père » disait-il à Philippe qui voulait voir le Père. (13) Ainsi, pour que les créatures puissent voir le Créateur, celui-ci est entré dans sa création en la personne de Jésus.

Cela me fait penser à une strophe d’un chant de Michael Card (14) :

Une fiction fantastique et folle
Une mère faite par son propre enfant
Un bébé désespéré qui pleure
Est Dieu incarné et homme déifié?

Voilà le mystère
Plus que tu ne peux voir
Renonce à ta réflexion
Et tombe à genoux

Ma traduction ne rend pas très bien la poésie du chant, mais c’est bien là la conclusion à laquelle nous devons arriver : renoncer à comprendre, accepter par la foi, s’humilier et adorer.

Et pourtant, le monde ne l’a pas reconnu…

Est-ce surprenant?…

L’aurais-je reconnu, moi, si j’avais été là?

Évidemment, je me plais à penser que j’aurais été comme le vieux Siméon qui a reconnu le Messie en un petit bébé et qui a béni Dieu. (15) Ou que j’aurais été du cortège des mages venus d’Orient qui, après avoir suivi l’étoile pendant des mois, ont reconnu le Roi des Juifs dans un enfant. (16)

Et pourtant…

Plus tard, Jésus accomplissait les œuvres du Père, lesquelles attestaient qu’il était Fils de Dieu, et les Juifs cherchaient à le lapider. (17) Aurais-je moi aussi ramasser une pierre pour la lui lancer?…

Et me voici aujourd’hui, au milieu du tourbillon que le monde m’impose avec l’approche de la période des Fêtes… Jésus y est déjà : c’est lui qui a tout créé, c’est pour lui que nous célébrons Noël. Le reconnaitrai-je?…

 


 

En ce premier dimanche de l’avent 2019,
que l’Esprit saint nous donne de saisir
par la foi
la réalité spirituelle que nous voulons célébrer :
Jésus, le Créateur, s’est fait homme
pour que nous puissions voir le Père.

Fraternellement,

Éléazar, le moine belliqueux

_______________
Tous les passages bibliques cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1) Évangile selon l’apôtre Jean, chapitre 1, versets 9 et 10.
(2) Livre des psaumes, chapitre 19, verset 2.
(3) Lettre aux Hébreux, chapitre 11, verset 3.
(4) Évangile selon l’apôtre Jean, chapitre 1, versets 1 et 3.
(5) Lettre de l’apôtre Paul aux Colossiens, chapitre 2, verset 3.
(6) Aux Colossiens, chapitre 1, versets 16 et 17.
(7) Livre de l’Apocalypse de l’apôtre Jean, chapitre 3, verset 14.
(8) Livre des Proverbes, chapitre 8, versets 30 et 31; voir l’ensemble du passage, à partir du verset 22.
(9) The Chronicles of Narnia – The Magician’s Nephew, par C.S. Lewis (Londres : Fontana Lions, 1955); chapitre 9, The Founding of Narnia. Ce livre est disponible en français sous le titre Le neveu du magicien chez Gallimard Jeunesse.
(10) Livre de la Genèse, chapitre 1, versets 26 et 27.
(11) Évangile selon l’apôtre Jean, chapitre 1, verset 14.
(12) Première lettre de l’apôtre Paul aux Corinthiens, chapitre 15, verset 45.
(13) Voir l’Évangile selon l’apôtre Jean, chapitre 14, versets 8 à 10.
(14) « A fiction as fantastic and wild; A mother made by her own child; A hopeless babe who cried; Was God Incarnate and man deified? That is the mystery; More than you can see; Give up on your pondering; And fall down on your knees. » Extrait du chant To the mystery de Michael Card. Cliquez ici pour écouter ce chant.
(15) Voir l’Évangile selon Luc, chapitre 2, versets 24 à 35.
(16) Voir l’Évangile selon l’apôtre Matthieu, chapitre 2, versets 1 à 12.
(17) Voir l’Évangile selon l’apôtre Jean, chapitre 10, versets 22 et suivants.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *