Une question de tête ou de cœur?

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Le combat spirituel

Introduction – Une question de tête ou de cœur?

« Par-dessus tout, veille soigneusement sur ton cœur,
car il est à la source de tout ce qui fait ta vie. » (1)

Dans mon préambule, j’ai dit que le combat spirituel, quoiqu’invisible, est bien réel. J’ai aussi dit que le matériel et le spirituel cohabitent dans le quotidien.

OK, c’est bien beau… Mais ensuite?…

Il convient de se demander maintenant où se déroule le combat spirituel. Quel est le lieu où se produisent les affrontements?

Considérant le verset cité plus haut, on pourrait répondre : « dans le cœur! »

À quoi je répliquerais : « oui, mais... »

Le modèle dualiste occidental

Que comprenez-vous par « cœur »?

Évidemment, on ne parle pas de l’organe physique qui pompe le sang dans le corps. On parle ici en termes figurés.

Dans notre société occidentale, nous avons un modèle qui met le cœur en opposition à la tête. D’un côté, on dit que le cœur est le siège des sentiments et des émotions. (C’est pourquoi, à la Saint-Valentin – la fête de « l’amour » –, on voit des cœurs partout.) De l’autre côté, on associe l’intelligence, la connaissance et la raison à la tête.

De plus, on a tendance à catégoriser les gens en fonction de leurs affinités du côté de la tête ou du cœur. Certains (comme moi) sont plus « raisonnables », dit-on : ils gèrent leur vie davantage avec leur tête. D’autres (comme mon épouse) sont plus sensibles : ils gèrent leur vie davantage avec leur cœur.

Un tel modèle dualiste – tête d’un côté, cœur de l’autre – rencontre rapidement des limites quand on essaie d’y inclure les autres facultés de notre être intérieur. Par exemple, de quel côté devons-nous mettre la pensée? Les uns diront que les pensées, à cause de leur caractère intime, appartiennent au cœur. Mais les autres argumenteront en disant qu’il s’agit d’une faculté intellectuelle qui relève de la tête. La pensée appartiendrait-elle aux deux côtés?

Ou encore, que dire de la foi – de la foi en Dieu, qui donne accès au salut? Le premier réflexe est certainement de la mettre du côté du cœur, car après tout, l’apôtre Paul ne dit-il pas : « Si de ta bouche, tu déclares que Jésus est Seigneur et si dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. » (2) Mais cela me cause un problème, à moi personnellement.

Ma conversion à Jésus-Christ a été une démarche essentiellement intellectuelle. Par nature, j’ai un esprit très rationnel et cartésien. Par son Esprit, Dieu m’a amené à lire la Bible pour y trouver des réponses à mes grandes questions existentielles. Au fil de mes lectures, j’ai découvert trois vérités très importantes : 1. tous les hommes sont pécheurs; 2. le châtiment du péché, c’est l’enfer; 3. Jésus est venu pour sauver les pécheurs. Étant profondément convaincu de ces vérités, j’ai tiré la seule conclusion qui me semblait « raisonnable » : j’ai demandé à Jésus de me sauver. (Si vous le voulez, lisez mon témoignage complet en cliquant ici…)

Je n’ai pas versé de larmes. Je n’ai pas été vivement touché par la grandeur de l’amour de Dieu pour moi. Je n’ai pas été saisi de crainte face à la perspective de mon éternité en enfer. J’ai simplement analysé la situation et plutôt froidement tiré une conclusion. Suis-je moins sauvé pour autant?

Quelques semaines après ma prière de conversion, j’ai lu ceci :

« Celui qui a le Fils a la vie. Celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. Je vous ai écrit cela, pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au Fils de Dieu. » (3)

Sur la base de cette déclaration de la Parole de Dieu, je n’ai jamais douté de mon salut depuis.

Alors… tête ou cœur? Que faire pour résoudre ce problème?…

Il ne faut pas s’inquiéter : ce n’est qu’un problème apparent, qui disparait lorsqu’on prend conscience de deux choses.

D’abord, le salut n’est pas une question de choisir entre la tête ou le cœur, c’est une question de foi et de repentance. La repentance, c’est prendre conscience de son état de pécheur devant Dieu, le confesser et se détourner de ses anciennes pratiques pour obéir à Dieu. Dans mon cas, cette repentance s’est manifestée par une identification personnelle aux trois vérités « intellectuelles » que j’avais découvertes : 1. moi, j’étais pécheur (j’avais offensé Dieu); 2. moi, j’étais condamné à l’enfer (et Dieu avait raison de le faire); et 3. Jésus était le seul moyen par lequel moi, je pouvais espérer être sauvé; alors j’ai confessé mon péché à Dieu et j’ai décidé de le suivre. Que l’on soit une personne « de cœur » ou une personne « de tête », le salut est accessible par la foi sur la base d’une repentance personnelle.

Ensuite, nous n’avons pas à choisir entre la tête ou le cœur en prenant la définition biblique du cœur. Le problème existe seulement si on impose notre modèle dualiste sur la Bible.

Le modèle global biblique

En effet, selon la culture juive, le cœur fait référence à l’être intérieur tout entier. Et même si dans des passages spécifiques de la Bible, certaines facettes du cœur sont mises en évidence, on ne perd jamais de vue son sens global. (Notons que dans la Bible, la tête fait référence à la direction, au fait d’être le chef.)

Ainsi, le cœur est bien sûr le siège des émotions, mais aussi des diverses activités intellectuelles, comme l’attention, la mémoire, la réflexion et la compréhension. À cela, on peut ajouter la volonté, les désirs ou les intentions, et même les habiletés. Bref, tout ce qui constitue notre caractère général ou notre personnalité se trouve dans notre cœur. (4) On pourrait y ajouter notre conscience, et même notre imagination et notre créativité!

Le sens de certains versets prend donc une dimension très différente lorsqu’on garde en tête le sens biblique du cœur, plutôt que notre définition occidentale « sentimentale ». Par exemple, « tu aimeras l’Éternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » (5) ne fait pas simplement appel à nos émotions, mais bien à notre être tout entier, et chacun a la liberté, en Jésus, d’exprimer cet amour différemment, selon les particularités de son cœur. (Personnellement, je trouve ça très libérateur! Ça me donne beaucoup d’espoir!)

Ou encore : « je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau, j’enlèverai de votre être votre cœur dur comme la pierre et je vous donnerai un cœur de chair. » (6) Par ce verset, Dieu ne dit pas simplement qu’il donne plus de sensibilité à ses enfants. Il dit qu’il donne la vie à l’ensemble de notre être intérieur. Avant, tout ce qui constitue notre cœur était mort spirituellement. Par son Esprit, Dieu nous rend vivants à l’intérieur et il veut rétablir toutes les fonctions de notre cœur selon leurs capacités. Oui, il nous rend plus sensibles émotivement, mais il renouvèle aussi notre intelligence et il purifie nos désirs. Il veut laver notre conscience, nettoyer tout notre être intérieur des traces laissées par le péché. Il veut restaurer ce qui a été abimé et réparer ce qui est brisé. C’est ce qu’on appelle la sanctification. Ce processus ne sera complet que dans l’éternité, mais il commence ici bas, dès la conversion.

« Ton cœur est à la source de tout ce qui fait ta vie! »

Alors, avec une telle définition, on comprend mieux maintenant pourquoi le roi Salomon, dans le verset que j’ai cité au tout début, déclare que le cœur est à la source de tout ce qui fait la vie. En effet, tout – absolument tout – ce qui constitue notre vie prend son origine dans le cœur. Toutes les activités de notre vie commencent, d’une façon ou d’une autre, dans notre cœur. Nos décisions se prennent dans le cœur. Nos relations s’entretiennent au niveau du cœur. Le cœur gère tous les aspects de notre vie… Voilà pourquoi il faut veiller soigneusement sur lui. Ce devrait être notre priorité.

Et cela explique aussi pourquoi c’est là que se déroule le combat spirituel… Le cœur est le lieu du combat spirituel, le champ de bataille.

Ainsi, parfois le combat touchera nos émotions : l’Ennemi volera notre joie et notre paix, et cherchera à semer la tristesse et l’inquiétude dans notre coeur. Parfois, ce sera du côté de l’intellect : le monde voudra imposer des vérités tordues à notre esprit et des faussetés se glisseront sournoisement en nous. Nos désirs charnels lutteront contre ceux de l’Esprit. Satan voudra salir notre conscience avec la peur, la culpabilité et la honte. Il cherchera même à nous paralyser dans nos dons spirituels et nos habiletés.

Celui qui contrôle le cœur contrôle la vie. Celui qui réussit à influencer le cœur d’une personne influence sa vie.


Que notre Père céleste,
par la puissance de son Esprit saint,
garde tout votre cœur
en Jésus-Christ, notre Seigneur.

Fraternellement en Jésus,

Éléazar, le moine belliqueux

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Tous les passages cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1) Livre des Proverbes, chapitre 4, verset 23.
(2) Lettre de l’apôtre Paul aux Romains, chapitre 10, verset 9. (Italique ajouté)
(3) Première lettre de Jean, chapitre 5, versets 12 et 13.
(4) Par exemple, pour les émotions : la joie, Juges 18.20; la tristesse, 1 Samuel 1.8; l’inquiétude, 4.13; l’affection, 2 Samuel 14.1; pour les facultés intellectuelles : l’attention, Exode 7.23 (littéralement, « prendre la chose à cœur »); la mémoire, Deutéronome 4.9; la réflexion, 7.17 (littéralement, « dire dans son cœur »); la compréhension, 1 Rois 3.9; pour la volonté, les désirs ou les intentions : Deutéronome 8.2; 2 Samuel 7.3; 1 Rois 8.17; pour les habiletés : Exode 28.3 (« habiles » = littéralement, « sages de cœur »); pour la personnalité : Exode 9.14; 1 Samuel 16.7; Genèse 20.5.
(5) Livre du Deutéronome, chapitre 6, verset 5.
(6) Livre du prophète Ézéchiel, chapitre 36, verset 26.

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