Une pensée pour Noël

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Une pensée pour Noël

Pour Noël, je pratiquais la pièce A Child Is Born (« Un enfant est né ») à la guitare basse. Je voulais faire un petit enregistrement avec mon nouveau logiciel de musique, mais la chose n’a pas abouti… comme bien d’autres en cette année de pandémie.

(Si vous ne connaissez pas ce standard de jazz composé par Thad Jones, vous pouvez l’écouter en cliquant ici.)

Cette pièce me fait penser aux premières lignes de ce passage du livre du prophète Ésaïe — j’imagine que c’en est l’inspiration :

« Car pour nous un enfant est né,
un fils nous est donné.
Et il exercera l’autorité royale;
il sera appelé
Merveilleux Conseiller, Dieu fort,
Père à jamais et Prince de la Paix.
Il étendra sa souveraineté
et il instaurera la paix qui durera toujours
au trône de David et à tout son royaume.
Sa royauté sera solidement fondée
sur le droit et sur la justice,
dès à présent et pour l’éternité.
Voilà ce que fera le Seigneur des armées célestes dans son ardent amour. » (1)

Je voulais écrire un billet bien réfléchi sur ce passage, mais encore une fois, ça n’a pas abouti…

Néanmoins, voici quelques pensées, peut-être un peu pêle-mêle.

Un enfant est né…

La naissance d’un enfant n’est pas un événement unique en soi. Pour une population mondiale de près de 7,8 milliards de personnes, on estime que c’est arrivé plus de 140 millions de fois en 2020. Malheureusement, de ce nombre, plus d’un enfant sur quatre mourra de diverses maladies durant la première année. (2) Un sur onze sera sous-alimenté. (3) Je n’ai pas pu trouver rapidement de statistiques sur les enfants naissant et grandissant en zone de conflits armés.

Sans compter qu’on estime à plus de 120 millions le nombre de grossesses non planifiées chaque année dans le monde, et que plus de 60 % de ces grossesses se terminent par un avortement. (4)

Oui, ce sont des réflexions plutôt sombres en cette veille de Noël. Qui plus est, je deviendrai moi-même grand-père au mois de mai prochain, alors pourquoi ne pas avoir des pensées un peu plus joyeuses?

Simplement parce qu’à bien des égards, un enfant qui nait entre dans un monde hostile. Il est totalement sans ressources et il dépend de ses parents — naturels ou non — pour absolument tout : nourriture, vêtements, propreté, chaleur humaine; et parfois, même ceux-là ne peuvent garantir un environnement paisible et sain. (On en a une petite idée avec la pandémie.)

C’est une triste réalité qui a toujours été.

Ce l’était pour Joseph, Marie et Jésus…

J’aime bien cette illustration d’Everett Patterson (5) :

"José y Maria". Everett Patterson, 2014. (www.everettpatterson.com)

Un fils est donné…

Je crois qu’une grande partie du miracle de l’incarnation se trouve là, dans cette phrase.

Malgré la grande hostilité de notre monde, Dieu y a envoyé son Fils. Dieu nous a donné son Fils, en toute connaissance de cause. Dans son ardent amour, dit encore Ésaïe.

« Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui échappent à la perdition et qu’ils aient la vie éternelle. » (6)

C’est là que la fête de Noël prend tout son sens : dans l’amour ardent de Dieu pour une humanité perdue.

Et dans un sens, toute l’inimitié et l’hostilité de notre monde à l’égard de Dieu, avec toute sa corruption et sa perversion, tout cela nous donne un indice de la mesure du grand amour de Dieu à notre égard. Car il nous a quand même envoyé son Fils, malgré tout cela…

 


 

En ce jour de Noël,
mettons-nous à genoux devant le Père,
et en contemplant le Christ dans son incarnation,
que l’Esprit saint nous aide à comprendre
combien l’amour de Dieu
est large, long, élevé et profond.
Oui, connaissons cet amour
qui surpasse tout ce qu’on peut en connaître,
pour ainsi être remplis de toute plénitude de Dieu.
« À lui soit la gloire dans l’Église
et en Jésus-Christ
pour toutes les générations et pour l’éternité.
Amen! » (7)

Viens bientôt, Seigneur Jésus!

Fraternellement,

Éléazar, le moine belliqueux
_______________
Tous les passages bibliques cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1) Livre du prophète Ésaïe, chapitre 9, versets 5 et 6.
(2) Tous les pays du monde – Les chiffres. Ined — Institut national d’études démographiques. Page consultée le 24 décembre 2020.
(3) La faim dans le monde s’aggrave, sombres perspectives en 2020, selon l’ONU. La Presse, page publiée le 13 juillet 2020. Consultée le 24 décembre 2020.
(4) La grossesse non planifiée et l’avortement dans le monde. Guttmacher Institute, page publiée en juillet 2020. Consultée le 24 décembre 2020.
(5) José y Maria — Illustration. Everett Patterson, décembre 2014. Page consultée le 24 décembre 2020.
(6) Évangile selon l'apôtre Jean, chapitre 3, verset 16.
(7) Voir la Lettre de l’apôtre Paul aux Éphésiens, chapitre 3, versets 14 à 21.

 

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