Mon témoignage de conversion

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Mon témoignage de conversion

Mon récit n’a rien de spectaculaire.

Je ne vivais pas une vie d’aventures trépidantes, dans laquelle je défiais le danger à tous les jours et où Dieu est intervenu miraculeusement en me préservant d’une mort certaine pour me faire réaliser la vanité de mon existence…

Je n’ai pas eu non plus une vie de misère terrible, aux prises avec des vices abominables. Je ne suis pas un ex-meurtrier en série, je n’ai jamais été à la tête d’un réseau de drogue ou de prostitution. Je n’ai jamais fait d’expériences mystiques ou de voyages avec des extra-terrestres…

Bien au contraire, ma vie a toujours été très, très, très tranquille.

Mais malgré ma « bonne vie », j’avais quand même besoin d’un Sauveur.

Aspirations et remise en question

J'étais un enfant plutôt sage. Je ne crois pas avoir donné beaucoup de difficultés à mes parents, sinon d'avoir été trop réservé, voire renfermé. Je ne communiquais pas beaucoup. J'étais du style « intello » : j'aimais la connaissance et les études. J’aimais lire, feuilleter des livres. Je faisais de longues promenades en vélo, tout seul, et je réfléchissais à toutes sortes de choses. Quand il y avait des gens qui faisaient quelque chose, quelque part – que ce soit mes oncles qui jouaient aux cartes durant les réunions de famille ou un chantier de construction dans le quartier – j’aimais m’asseoir tout près et les regarder, les observer, tout simplement.

Mon grand but dans la vie, c'était d'être sage : je m'imaginais dans ma vieillesse, me berçant sur une chaise et caressant une longue barbe blanche, le regard perdu à l'horizon. Pour plusieurs, une telle image représente la faiblesse et l'inutilité, mais pour moi elle illustrait l'atteinte de mon objectif.

Dans ma tête, sagesse signifiait essentiellement connaissance, et pas nécessairement expérience. J'ai toujours été plutôt craintif à essayer de nouvelles choses. Dans mon enfance, mon meilleur ami était le fils du bibliothécaire de la commission scolaire. Notre sport extrême à nous, c’était de rester après l’école à la bibliothèque pour aider à réparer les livres. Je n’étais donc pas très dangereux et je n’ai pas créé beaucoup de remous autour de moi.

Comme la plupart des Canadiens français au Québec, j'ai été élevé dans une famille catholique pratiquante. On m’a enseigné la catéchèse et j’ai reçu les sacrements d’usage (baptême, première communion, confession de foi). J'ai toujours aimé les « choses de Dieu », et même durant l'adolescence, il m'arrivait assez fréquemment d'aller seul à la messe le samedi soir. Je n'y allais cependant pas pour la célébration en tant que telle, mais simplement pour réfléchir dans le calme qu'offrait l'église.

J'aimais l'école et je me concentrais sur mes études, que je réussissais bien sans trop d'efforts. À l’époque, je voulais devenir astrophysicien – observer les étoiles pour expliquer les origines de l’univers. Mais après les études secondaires, une remise en question a produit un certain découragement. Je m'apercevais que la connaissance que je poursuivais ne donnait pas toujours des résultats positifs. C’était au début des années 80, à l’époque de la guerre froide entre les États-Unis et l’ex-URSS, et de la course à l’armement nucléaire. Je me demandais où s’en allait le monde et je craignais que tout finisse dans une immense explosion atomique.

Dans la Bible, le roi Salomon a dit que Dieu a mis dans le cœur de l’homme la pensée de l’éternité.(1) Ça veut dire qu’il y a quelque chose en nous qui ne trouve son sens qu’en Dieu seul. C’est un vide qui ne peut être comblé que par Dieu. Nous, on essaie de le remplir avec toutes sortes de choses : l’argent, les biens matériels, le succès, la famille, l’alcool, le sexe, la drogue… Moi, c’était la connaissance. Mais toutes ces choses ne réussissent pas à combler le vide, du moins certainement pas de façon complète et à long terme.

D’un autre côté, Dieu utilise ce vide pour nous attirer à lui. Le Seigneur Jésus a dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes accablés sous le poids d’un lourd fardeau, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos pour vous-mêmes. »(2) Qui ne veut pas trouver le repos de l’âme!?!

Trouver le repos… au moyen de la Parole de Dieu

Je le voulais, ce repos, et Dieu utilisait mon questionnement existentiel pour m’attirer à lui. Dans ma recherche de réponses, je me suis tourné vers la Bible. Je croyais fermement que c’était la Parole de Dieu, et je me disais : « S’il y a des réponses à trouver, elles seront là-dedans! » Curieusement, je n’aurais pas été capable de formuler les questions. Mais je savais que les réponses étaient dans la Bible.

J’ai donc entrepris de la lire.

« La Parole de Dieu est vivante et efficace. Elle est plus tranchante que toute épée à double tranchant et, pénétrant jusqu’au plus profond de l’être, jusqu’à atteindre âme et esprit, jointures et moelle, elle juge les dispositions et les pensées du cœur. Nulle créature n’échappe au regard de Dieu, tout est à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. »(3)

J’étais seul dans ma chambre, avec l’immense bible rouge de la famille, version Piérot-Clamer édition papale, avec les belles illustrations en couleurs. Je lisais un chapitre du Nouveau Testament et un chapitre des Psaumes à chaque soir. Après environ un an et demi, j’avais lu deux fois tout le Nouveau Testament et les Psaumes.

Un soir, alors que je « parlais » à Dieu, je lui ai dit ceci : « Seigneur, je sais que je suis pécheur et je sais que mes péchés me condamne à l’enfer. Mais je sais aussi que Jésus est mort sur la croix pour payer la condamnation et pour sauver les pécheurs. Alors, s’il te plaît, sauve-moi… »

J’ai fait cette prière tous les soirs pendant une semaine. Ce n’était pas un élan de l’âme plein d’émotions. En fait, ça ressemblait plutôt à un énoncé mathématique et logique : étant donné A, B et C, j’arrive à la conclusion D. (Que voulez-vous, j’ai toujours eu un esprit plutôt cartésien et rationnel!)

De plus, à ce moment, je n’aurais pas pu citer de versets pour appuyer ces vérités bibliques. Néanmoins, ce que j’avais retenu de ma lecture de la Bible se résumait par ces quelques énoncés, et je crois que Dieu m’a sauvé à ce moment, au printemps de l’année 1984, sur la base de ma foi en sa Parole. Car ces quelques phrases que j’ai dites dans ma prière résument bien le message de l’Évangile. L’apôtre Paul le dit ainsi :

« Il n’y a pas de différence entre les hommes. Tous ont péché, en effet, et sont privés de la glorieuse présence de Dieu, et ils sont déclarés justes par sa grâce; c’est un don que Dieu leur fait par le moyen de la délivrance apportée par Jésus-Christ. »(4)

Voilà donc ce que j’avais compris en lisant les Écritures, tout seul dans ma chambre.

Quelques mois plus tard, j’ai fait une autre découverte spirituelle importante : je pouvais avoir l’assurance d’être sauvé. L’apôtre Jean dit :

« Celui qui a le Fils a la vie. Celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. Je vous ai écrit cela, pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au Fils de Dieu. »(5)

Dieu ne me laissait pas dans le doute, il ne voulait pas que je vive dans la crainte. Il était écrit noir sur blanc dans la Bible que celui qui croit en Jésus, le Fils de Dieu, et en son œuvre rédemptrice, celui-là a la vie éternelle. Je croyais, alors j’avais la vie éternelle. Depuis ce temps, j’ai cette assurance, non parce que je suis meilleur qu’un autre, mais parce que Dieu le dit et je le crois.

Et qu’est-ce que cela a changé dans ma vie?

Le plus grand changement que le Seigneur Jésus a apporté dans ma vie à l’époque, c’est qu’il m’a fait prendre conscience de la raison de mon existence. J’étais sur la terre pour un but.

« Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu; ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies. Personne n’a donc de raison de se vanter. Ce que nous sommes, nous le devons à Dieu; car par notre union avec le Christ, Jésus, Dieu nous a créés pour une vie riche d’œuvres bonnes qu’il a préparées à l’avance afin que nous les accomplissions. »(6)

Dieu m’a préparé d’avance une vie riche en œuvres bonnes – non pas des œuvres dans le but d’être sauvé, mais des œuvres à faire parce que je suis sauvé – et il s’attend à ce que je les accomplisse.

Je voulais faire ces œuvres préparées d’avance, je voulais servir ce Dieu qui m’avait sauvé. Au fil des années, ce désir a orienté mes études, mon travail, mes loisirs, ma vie.

Aujourd’hui encore, j’essaie d’être attentif à ces œuvres bonnes que Dieu met sur mon chemin... dont ce blogue, je crois.

 

À lire :

un moine belliqueux?

mon nom de plume

 

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Tous les passages cités sont tirés de La Bible du semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1)  Livre de l’Ecclésiaste, chapitre 3, verset 11.

(2)  Évangile selon Matthieu, chapitre 11, versets 28 et 29.

(3)  Épître aux Hébreux, chapitre 4, versets 12 et 13.

(4)  Épître de Paul aux Romains, chapitre 3, versets 22b à 24.

(5)  Première épître de Jean, chapitre 5, versets 12 et 13.

(6) Épître de Paul aux Éphésiens, chapitre 2, versets 8 à 10.