Remercier Dieu avant le repas?

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Calendrier liturgique – Action de grâce 2019

Remercier Dieu avant le repas?

Priez-vous toujours avant de manger?…

J’avoue que je ne le fais pas toujours.

Je le fais quand je mange avec mon épouse, à la maison ou au restaurant. Je le fais quand nous recevons des invités. Mais habituellement, je ne le fais pas quand je mange seul à la maison, ni au bureau devant mes collègues de travail. Pas même « dans mon coeur ». Est-ce un péché?…

Je n’ai pas grandi avec cette habitude. Mes parents, bien que catholiques pratiquants, ne le faisaient pas.

Quand je me suis converti, à l’âge de 20 ans, on le faisait systématiquement dans les cercles évangéliques que je fréquentais. Au repas, on s’attendait tous et personne ne devait prendre une bouchée avant que quelqu’un aie rendu grâces.

Mon épouse et moi avons élevé nos enfants ainsi : on se donnait la main en signe de communion (mais aussi pour éviter que les petits ne pigent dans les plats pendant que tout le monde a les yeux fermés) et nous remercions Dieu pour le repas que nous nous apprêtions à prendre. Aujourd’hui, je ne sais pas si mes fils le font systématiquement chez eux.

En fait, Dieu n’a jamais dit : « Tu me rendras grâces avant de prendre un repas! » Alors pourquoi faisons-nous cette action particulière de remercier Dieu avant de manger?

L’exemple de Jésus?

« Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux vers le ciel, prononça la prière de bénédiction et partagea les pains... » (1)

Dans les Évangiles, on nous rapporte que le Seigneur Jésus a « rendu grâces » avant de manger dans deux situations particulières : avant les miracles de multiplication de pains (2) et durant le dernier repas de la Pâque avec ses disciples (du moins, dans les évangiles synoptiques; Jean n’en parle pas) (3). On ne le mentionne pas dans le récit d’autres repas – par exemple, le banquet chez Matthieu (4) ou le repas chez Simon le lépreux (5) – mais c’est un détail qui n’ajoute rien aux récits.

Les miracles de multiplication des pains et le dernier repas de la Pâque de Jésus sont des événements spéciaux. Je ne crois pas que nous devrions prier avant de manger simplement « parce que Jésus l’a fait » à ces moments.

D’un autre côté, j’imagine que le Seigneur le faisait même lors de repas « ordinaires ». Ce devait être une tradition juive (je ne suis pas très connaissant dans ce domaine), mais Jésus devait avoir une meilleure raison de le faire…

Reconnaître l’origine de notre nourriture

« Que tout mon être loue l’Éternel!
Ô Éternel, mon Dieu, que tu es grand!
[…]
Du haut de ses palais, Dieu verse la pluie sur les monts,
la terre est remplie des bienfaits du fruit de ton ouvrage.
C’est toi qui fais pousser le foin pour le bétail,
et qui fais prospérer les plantes pour les hommes
afin qu’ils tirent de la terre le pain pour se nourrir.
Le vin réjouit le cœur de l’homme
et fait resplendir son visage, le rendant brillant plus que l’huile.
Le pain restaure sa vigueur. » (6)

À l’époque du Nouveau Testament, les gens étaient très proches de la source d’approvisionnement de leur nourriture. S’ils n’avaient pas eux-mêmes un champ ou un jardin, ils se procuraient leurs aliments « localement », chez ceux qui les produisaient. De plus, ils étaient très conscients que si la saison était mauvaise, leur capacité de se procurer leur nourriture allait en souffrir. S’il y avait une sécheresse, il y aurait une famine.

Quant à moi, eh bien, je suis TRÈS loin de la source d’approvisionnement de ma nourriture. En fait, je m’assois à table et le repas est servi… grâce à mon épouse qui s’est tapé tout le travail. Occasionnellement, je vais à l’épicerie avec elle, mais je ne fais que mettre des aliments déjà transformés et enveloppés dans mon panier. Puis je paye et je consomme.

Oh, il y a un certain « retour à la terre » de nos jours. Les gens cherchent à s’alimenter de mieux en mieux et on nous encourage à « acheter localement ». Mais ce mouvement ne va pas assez loin s’il en reste là. On devrait reconnaître que Dieu le Créateur est à l’origine de toute la mécanique de production de nos aliments.

Que mon être loue l’Éternel!… La terre est remplie des bienfaits du fruit de ton ouvrage…

Reconnaître l’origine de toutes choses

« [Dieu] n’a pas besoin non plus d’être servi par des mains humaines, comme s’il lui manquait quelque chose. Au contraire, c’est lui qui donne à tous les êtres la vie, le souffle et toutes choses. » (7)

Est-ce un péché de ne pas dire un mot de prière avant un repas, pour remercier Dieu? Probablement pas en tant que tel. Mais je dirais que c’en est un de ne pas reconnaître que Dieu le Créateur est, d’une façon ou d’une autre, à l’origine des aliments que l’on mange à chaque repas. Et prendre un repas est une belle occasion de lui exprimer notre reconnaissance.

Mais en fait, ce principe devrait s’appliquer à toutes choses.

Quand je m’habille, je devrais lui exprimer ma reconnaissance pour les vêtements que je porte (et tous ceux qui remplissent mon garde-robe).

Quand j’entre ou je sors de mon appartement, je devrais lui dire merci pour cet endroit où j’habite.

Quand j’utilise un objet quelconque qui m’appartient – comme l’ordinateur sur lequel j’écris ce texte, ou la guitare dont je jouerai demain à l’église – je devrais remercier Dieu non seulement de tous ces biens que je possède, mais aussi des capacités que j’ai pour les utiliser.

Quand j’ouvre les yeux le matin, je devrais être reconnaissant du repos que j’ai eu et du temps qui est devant moi pour vaquer à mes occupations.

Quand je respire, je devrais remercier Dieu pour la vie, autant pour la vie physique que pour la vie spirituelle en Jésus-Christ son Fils. (Matt Redman, un compositeur et interprète chrétien, parle « d’inspirer la grâce et d’expirer la louange », en anglais : breath in grace, breath out praise, comme dans sa chanson Never Once.)

En fait…

« Remerciez Dieu en toute circonstance : telle est pour vous la volonté que Dieu a exprimée en Jésus-Christ. » (8)

(À ce sujet, je vous invite à lire les textes de ma collègue Débora.)

 


 

Merci, Père, pour la vie!
Merci pour toutes choses!
Merci pour Jésus
et pour son œuvre à la croix
en faveur de tous.
Merci!

 

Fraternellement en Jésus,

Éléazar, le moine belliqueux

_______________
Tous les passages cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1) Évangile selon Marc, chapitre 6, verset 41.
(2) Voir l’Évangile selon Matthieu, chapitre 14, verset 19; l’Évangile selon Marc, chapitre 6, verset 41; l’Évangile selon Luc, chapitre 9, verset 16; l’Évangile selon Jean, chapitre 6, verset 11.
(3) Voir l’Évangile selon Matthieu, chapitre 26, verset 26; l’Évangile selon Marc, chapitre 14, verset 22; l’Évangile selon Luc, chapitre 22, verset 19.
(4) Voir l’Évangile selon Matthieu, chapitre 9, versets 10 et 11; ainsi que dans les passages parallèles.
(5) Voir l’Évangile selon Matthieu, chapitre 26, versets 6 et 7; ainsi que dans les passages parallèles.
(6) Livre des psaumes, chapitre 104, versets 1, et 13 à 15.
(7) Livre des Actes des apôtres, chapitre 17, verset 25.
(8) Première lettre de l’apôtre Paul aux Thessaloniciens, chapitre 5, verset 18.

 

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