Réconciliation raciale

Bannière MB - Réconciliation raciale

Calendrier liturgique

Réconciliation raciale — une introduction

« Maintenant, par la foi en Jésus-Christ, vous êtes tous fils de Dieu. Car vous tous qui avez été baptisés pour le Christ, vous vous êtes revêtus du Christ. Il n’y a donc plus de différence entre les Juifs et les non-Juifs, entre les esclaves et les hommes libres, entre les hommes et les femmes. Unis à Jésus-Christ, vous êtes tous un. » (1)

Parlons racisme, un instant.

L’année 2020 nous a malheureusement présenté quelques cas troublants.

Par exemple, au mois de mai à Minneapolis, George Floyd, un noir, mourait lors de son arrestation par un policier blanc. Ce dernier le tenait plaqué au sol avec un genou sur sa nuque, l’empêchant de respirer. Ce triste événement a ensuite donné lieu à plusieurs manifestations aux États-Unis et au Canada, malgré la pandémie, pour dénoncer la discrimination dont les communautés afro-américaine et afro-canadienne font l’objet.

Plus près de moi, au Québec, en septembre à Saint-Charles-Borromée, Joyce Echaquan, une autochtone de Manawan, mourait au Centre hospitalier de Lanaudière après avoir été négligée et ridiculisée par le personnel soignant. À la suite de ce drame, on a beaucoup parlé de racisme systémique au Québec et les médias ont fait pression sur le premier ministre Legault pour lui faire avouer son existence dans les établissements provinciaux. En vain, si je me souviens bien…

C’est dommage qu’on parle de cette question seulement quand il y a des tragédies. On réagit. Même dans l’Église. Ou spécialement dans l’Église?…

En principe, l’Église est le lieu où toute discrimination et tout favoritisme sont bannis. (2) Malheureusement, le cœur humain étant ce qu’il est, la foi et les œuvres des croyants n’agissent pas nécessairement en harmonie. Les idées fausses véhiculées dans notre milieu s’imprègnent dans nos pensées. Nous résistons au renouvellement de l’intelligence que cherche à produire l’Esprit saint. (3) Les pharisiens en nous réussissent même à justifier nos péchés par des raisonnements tordus sur la base des Écritures. « Mes frères, [mes sœurs,] il ne faut pas qu’il en soit ainsi », si vous me permettez d’emprunter cette phrase de l’apôtre Jacques. (4)

Je fréquente une petite église évangélique dont le multiculturalisme s’épanouit. La majorité des membres sont des Québécois « pure laine », mais nous avons de plus en plus de frères et sœurs africains et sud-américains. Le dimanche matin, nous chantons ensemble et nous nous réjouissons de refléter ici sur terre cette foule « de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, de toute langue » qui se réunira devant le trône de Dieu dans l’éternité. (5) Mais je me demande : est-ce que je n’utilise pas cette belle image comme une façade pour dissimuler ce qui se passe vraiment dans le fond de mon cœur?

Peut-être… Je ne sais pas… Il faut que je sonde des choses…

D’où cette section sur la réconciliation raciale.

Cette nouvelle section dans ma rubrique de calendrier liturgique est mon effort personnel en ce sens. Mais attention : je n’ai pas l’intention d’enseigner sur le sujet en faisant de grands exposés ou de chercher à susciter des dialogues au sein des communautés. Non, j’avoue que je suis plutôt ignorant sur le sujet. La raison principale pour inclure une telle section dans mon calendrier liturgique, c’est de m’assurer d’y réfléchir moi-même périodiquement et de progresser dans ma réflexion. Et j’ose croire que cela affectera aussi mon attitude, mes paroles et mes actions.

Le titre Réconciliation raciale ne vient pas de moi. Je l’ai emprunté à l’église The Village Church, au Texas, qui en a fait un thème pendant quelques années.

J’aimerais pouvoir visiter ce thème deux fois par année : d’abord, durant le mois de février, qui est le Mois de l’histoire des Afro-Américains; puis vers le mois d’aout ou de septembre, pour me concentrer sur les peuples autochtones. (Mon idée n’est pas fixée encore… Le 21 juin est la Journée nationale des peuples autochtones; le 9 aout, la Journée internationale; et le 30 septembre, le Jour du chandail orange, pour montrer son soutien aux personnes ayant fréquenté les pensionnats autochtones. Le moment variera peut-être d’une année à l’autre, mais je veux assurément m’attarder à cette facette de la question.)

Évidemment, même si les cas de discrimination qui amorcent mon introspection sont ceux qui touchent principalement les Afro-Américains et les Autochtones, je veux appliquer le résultat de mes réflexions à mes relations avec toutes les races.

Alors, voilà!

Et par où commencer? En essayant de pallier mon ignorance dans le domaine historique. J’ai commencé à lire le livre North of the Color Line — Migration and Black Resistance in Canada, 1870–1955 (« Au nord de la ligne des couleurs — la migration et la résistance du peuple noir au Canada entre 1870 et 1955 »), par Sarah-Jane Mathieu. (6) J’espère pouvoir vous en faire un compte-rendu à la fin du mois.

Fraternellement en Jésus,

 

Éléazar, le moine belliqueux
_______________
Tous les passages bibliques cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1) Lettre de l’apôtre Paul aux Galates, chapitre 3, versets 26 à 28.
(2) Voir la Lettre de l’apôtre Jacques, chapitre 2, versets 8 et suivants.
(3) Voir la Lettre de l’apôtre Paul aux Romains, chapitre 12, verset 2.
(4) Lettre de l’apôtre Jacques, chapitre 3, verset 10.
(5) Voir le Livre de l’Apocalypse de l’apôtre Jean, chapitre 7, versets 9 et suivants.
(6) Sarah-Jane Mathieu, North of the Color Line—Migration and Black Resistance in Canada, 1870–1955. Livre électronique (Kindle). The University of North Carolina Press (Chapel Hill, Caroline du Nord), 2010. 296 pages.

 

page d'introduction

calendrier liturgique