Puissance et témoignage

MB - Pentecôte

Pentecôte

Puissance et témoignage – Actes 1.8

« Or, un jour [que Jésus ressuscité] prenait un repas avec [ses disciples], il leur recommanda de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que son Père leur accorde le don qu’il leur avait promis.
– C’est le don que je vous ai annoncé, leur dit-il. Car Jean a baptisé dans l’eau, mais vous, c’est dans le Saint-Esprit que vous serez baptisés dans peu de jours.
Comme ils étaient réunis autour de lui, ils lui demandèrent :
– Seigneur, est-ce à ce moment-là que tu rendras le royaume à Israël?
Il leur répondit :
– Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais le Saint-Esprit descendra sur vous : vous recevrez sa puissance et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout du monde. » (1)

 


 

Pour certaines choses, il semble qu’on l’a ou on ne l’a pas

Par exemple, moi, j’ai de la facilité avec la perception spatiale – la façon dont les choses sont placées les unes par rapport aux autres. Je vois tous les bagages à placer dans la valise de l’automobile et, intuitivement, je sais où placer quoi. Je pense en images, en dessins. J’aime le jeu Tétris. Mon épouse, elle, a plus de difficultés avec tout ça.

Par contre, je peine à déchiffrer une partition musicale. Je lis un peu la musique, mais c’est long et ardu. Je suis loin d’être capable de jouer une nouvelle pièce à vue. Pour d’autres, c’est naturel. Ce n’est pas simplement une question d’apprentissage et d’exercice : ils l’ont en eux!

Si on parle maintenant de partager sa foi – de « témoigner », comme on dit dans le jargon évangélique –, est-ce que certains l’ont et d’autres ne l’ont pas?

Quand je regarde ma propre vie, ma propre expérience, j’aurais tendance à dire que je ne l’ai pas. Je suis un peu comme un « déficient relationnel » : tout ce qui implique une relation personnelle avec quelqu’un est, pour moi, ardu et pénible. Cela ne vient pas naturellement ou intuitivement. Alors, témoigner, vous pouvez imaginer!…

Or, le fait est que… tous les croyants l’ont!

Grâce au Saint-Esprit, tous les croyants ont une capacité surnaturelle de rendre témoignage de l’œuvre de Jésus-Christ dans leur vie.

Pas « quand », mais « quoi »!

Après sa résurrection, Jésus est apparu « pendant quarante jours » à ses disciples « et leur parla du règne de Dieu ». Après qu’il ait été élevé au ciel, ils sont restés une dizaine de jours à Jérusalem, dans une chambre « à l’étage supérieur de la maison où ils se tenaient d’habitude » et là, ils priaient. (2)

Ils attendaient ce que le Père avait promis. Jésus lui-même leur avait dit avant sa mort :

« Et moi, je demanderai au Père de vous donner un autre Défenseur de sa cause, afin qu’il reste pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité… vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. » (3)

Mais lors de leur dernière conversation avec le Seigneur, les disciples semblaient plus intéressés par la suite des événements, par le moment du rétablissement du Royaume, que par le don merveilleux qu’ils allaient recevoir : « Seigneur, est-ce à ce moment-là que tu rendras le royaume à Israël? »

On peut les comprendre, dans une certaine mesure… Ils subissaient le joug de Rome depuis des années, et dans leur tête, le Messie amènerait la libération autant sur le plan politique que spirituel.

La réponse de Jésus les a ramenés à ce qui importe : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments… Mais le Saint-Esprit descendra sur vous… » La vraie question n’était pas « quand », mais « quoi »!

En fait, dans le passage cité plus haut, la venue du Saint-Esprit agit comme le contexte pour deux faits importants qui touchent les disciples :

  • Ils allaient recevoir une puissance – celle de l’Esprit saint;
  • Et en conséquence, ils seraient des témoins pour le Seigneur Jésus.

Puissance et témoignage!
Puissance reçue, témoignage rendu!

Mais qu’est-ce qu’on entend par « puissance »?

Souvent, on comprend ce mot en termes de domination et d’autorité. Ici, il faut le comprendre en termes de pouvoir d’action, de capacité d’agir. C’est le potentiel de faire quelque chose efficacement. C’est comme avoir les bons outils!

Donc, par sa venue, l’Esprit allait donner aux disciples la capacité de témoigner, le potentiel de partager leur foi efficacement. On ne parle pas ici de capacité naturelle, mais d’une capacité surnaturelle, communiquée par l’Esprit aux croyants.

La suite du livre des Actes montre quelques exemples de cette puissance à l’œuvre…

Au chapitre 2, à la fête de la Pentecôte, oui, il y a eu le violent coup de vent, les flammèches sur la tête des disciples et ces derniers qui se mettent à parler en diverses langues étrangères. Des manifestations plutôt spectaculaires! Mais voyez l’assurance de Pierre, un pêcheur simple et sans instruction, qui a proclamé l’Évangile avec assurance. (4) Et quel a été son témoignage? Jésus a été mis à mort sur une croix, mais Dieu l’a ressuscité et l’a fait Seigneur et Messie. (5)

Au chapitre suivant, au Temple, les apôtres Pierre et Jean ont guéri un homme paralysé depuis sa naissance. Ce miracle a rempli les gens « de stupeur et de crainte ». Puis, Pierre a rendu témoignage :

« Pourquoi nous fixez-vous avec tant d’insistance comme si c’était nous qui, par notre propre pouvoir ou notre piété, avions fait marcher cet homme? Non, c’est [Dieu]… qui vient ici de manifester la gloire de son serviteur Jésus – ce Jésus que vous avez livré à Pilate… Vous avez fait mourir l’auteur de la vie. Mais Dieu l’a ressuscité des morts : nous en sommes témoins. » (6)

On pourrait encore mentionner Philippe, qui a annoncé la « Bonne Nouvelle de Jésus » à l’eunuque éthiopien. (7) Ou encore Ananias qui, par la foi, a eu le courage d’aller rencontrer Saul, le grand persécuteur de l’Église, lequel a par la suite commencé à proclamer que « Jésus est le Messie ». (8)

Et mon témoignage à moi?

Je ne sais pas vous, mais moi, quand je lis ces textes, j’accroche sur le spectaculaire, sur les signes et les miracles. Et je l’avoue, au fond, je suis déçu de constater à quel point ils semblent faire défaut dans ma propre vie. Je me dis que ce serait tellement plus facile de rendre témoignage de Jésus si je pouvais guérir un aveugle ou un boiteux en passant… Puis, j’utilise cette apparente absence de puissance pour me justifier de ne pas témoigner…

Pourtant, l’Esprit est bien là, dans mon cœur. Je le sais par la foi.

Pourtant, au fil des années, j’ai vu la main de Dieu agir dans ma vie. J’ai vu sa fidélité, sa grâce, son amour et sa compassion. J’ai goûté à son salut, et je sais que :

« Ce salut a tout d’abord été annoncé par le Seigneur lui-même, ceux qui l’ont entendu en ont ensuite confirmé la validité pour nous et Dieu a authentifié leur témoignage en y ajoutant le sien, c’est-à-dire, en accomplissant toutes sortes de signes miraculeux, d’actes extraordinaires, de manifestations diverses de sa puissance et en accordant à ces témoins, selon sa propre volonté, de recevoir chacun sa juste part de l’Esprit Saint. » (9)

Vous recevrez une puissance et vous serez mes témoins…

La puissance est là. C’est l’action qui manque…

Cela me rappelle une illustration que le pasteur Tony Evans a donnée dans une de ses prédications. Il comparait l’action de l’Esprit dans la vie du croyant aux systèmes d’éclairage munis d’un détecteur de mouvement, que l’on installe à l’extérieur des maisons. L’électricité est bien branchée au système, mais il ne s’allume pas tant qu’il n’y a pas un mouvement détecté : on doit bouger pour que la lumière brille. C’est la même chose avec le Saint-Esprit : la puissance est bien là, mais elle attend l’action pour se manifester – on doit rendre témoignage pour la puissance agisse.

 


 

Puissance et témoignage.

Puissance reçue, témoignage rendu.

Père, merci de ce don précieux,
de l’Esprit saint en moi.
Esprit de force, d’amour
et de sagesse. (10)

Seigneur Jésus, donne-moi le courage
de passer à l’action,
de témoigner au sujet de ta grâce dans ma vie,
en attendant patiemment le moment
où tu établiras ton Royaume ici-bas.

 

Joyeuse Pentecôte!

 

Éléazar, le moine belliqueux

_______________
Tous les passages cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1) Livre des Actes des Apôtres, chapitre 1, versets 4 à 8.
(2) Livre des Actes des Apôtres, chapitre 1, versets 3, 9, 13 et 14.
(3) Évangile selon Jean, chapitre 14, versets 16 et 17.
(4) Livre des Actes des Apôtres, chapitre 2, versets 14 et suivants; voir aussi le chapitre 4, verset 13.
(5) Livre des Actes des Apôtres, chapitre 2, versets 23 à 24, 32 et 36.
(6) Livre des Actes des Apôtres, chapitre 3, versets 1 à 10, et 12 à 16.
(7) Livre des Actes des Apôtres, chapitre 8, versets 26 à 40; voir spécialement le verset 35.
(8) Livre des Actes des Apôtres, chapitre 9, versets 10 à 22; voir spécialement les versets 17 et 22; de même que le chapitre 22, versets 12 à 16.
(9) Lettre aux Hébreux, chapitre 2, versets 3 et 4; gras et italique ajoutés.
(10) Deuxième lettre de l’apôtre Paul à Timothée, chapitre 1, verset 7. (La Bible Segond 21. Société Biblique de Genève. Romanel-sur-Lausanne, 2007.)

 

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