Pâques Psaume 22

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Pâques – Psaumes 22b

Oui, tu m’as répondu!

Je proclamerai à mes frères quel Dieu tu es,
je te louerai dans la grande assemblée.

Vous qui respectez Dieu, célébrez-le!
Descendants de Jacob, glorifiez-le!
Descendants d’Israël, vénérez-le!
Il n’a pas méprisé le pauvre en son malheur,
il n’a pas détourné son regard loin de lui.
Non! il a écouté l’appel à l’aide qu’il lui lançait.

Grâce à toi, je te loue dans la grande assemblée,
j’accomplirai mes vœux en présence de ceux qui te révèrent.

Que les malheureux mangent, et qu’ils soient rassasiés!
Oui, qu’ils louent l’Éternel, ceux qui vivent pour lui!
Que votre vie dure toujours!

Aux confins de la terre, tous les peuples du monde se souviendront de l’Éternel.
Tous, ils se tourneront vers lui,
et toutes les nations se prosterneront devant lui.

Car l’Éternel est roi, il domine sur les nations.
Tous les grands de la terre mangeront et l’adoreront,
et ceux qui s’en vont vers la tombe,
ceux dont la vie décline, se prosterneront devant lui.

Leur postérité, à son tour, servira l’Éternel
et parlera de lui à la génération qui viendra après elle.

Cette postérité publiera sa justice
et elle annoncera au peuple qui va naître
ce qu’a fait l’Éternel pour le salut des siens.
(1)

 


(Si vous n’avez pas lu le billet précédent, sur la première partie du psaume 22, je vous suggère de commencer par là. Cliquez ici.) 

J’avoue que j’ai eu de la difficulté à commencer ma réflexion et ma rédaction sur la deuxième partie du psaume 22. La première partie est tellement évocatrice du sacrifice du Seigneur Jésus sur la croix. À première vue, cette partie-ci semble un peu tomber à plat. Et pourtant.

Pour nous, la joie est proportionnelle au deuil, ai-je écrit. J’ajouterai que la grandeur du salut est proportionnelle à la profondeur de la détresse et de l’angoisse.

Voici donc encore quelques réflexions sur David, sur Jésus, puis sur moi… et vous.

Au sujet de David

Dans la première partie de ce psaume, David est un homme ignoré de son Dieu et abandonné de sa communauté. Dans la deuxième, il y a un revirement : maintenant, il se réjouit d’avoir été entendu de son Dieu et il proclame le salut de Dieu à sa communauté.

« Tu m’as répondu! » Quel soulagement! Finalement, Dieu ne l’a pas méprisé dans sa détresse : il a écouté son appel à l’aide.

Mais au fait, rappelez-vous : on ne sait pas vraiment quelle était cette détresse. David a communiqué son angoisse, mais il s’est tu sur ce qui en était la cause. De même, on ne sait pas quelle a été l’intervention de Dieu. David nous communique seulement ses actions de grâce en réponse au salut qu’il a reçu de l’Éternel.

Grandeur du salut proportionnelle à la profondeur de la détresse.

David proclame donc publiquement, à ses frères, quel Dieu est l’Éternel : c’est un Dieu compatissant et miséricordieux, qui entend le pauvre dans son malheur, qui ne détourne pas son regard. David invite la « grande assemblée » à célébrer ce Dieu, à le glorifier, à le vénérer. Il convie les gens à prendre part à son offrande votive, à manger avec lui à l’occasion de son sacrifice de communion. (2)

Et dans son élan, David affirme que son témoignage débordera des frontières d’Israël : tous les peuples du monde entendront et se prosterneront devant l’Éternel, et ce de génération en génération. Tous annonceront « ce qu’a fait l’Éternel pour le salut des siens ».

David s’emporte-t-il un peu?

Ou encore une fois, y a-t-il en jeu quelque chose de plus grand que lui?

Serait-ce Jésus?

Pouvons-nous mettre les paroles de la deuxième partie du psaume 22 dans la bouche de Jésus?…

Le premier réflexe serait de répondre : « Bien sûr que non! » Cela irait à l’encontre des règles d’interprétation.

Et pourtant, n’est-ce pas ce que fait l’auteur de l’Épître aux Hébreux? En effet, ce dernier écrit :

« Dieu, qui a créé tout ce qui existe et pour qui sont toutes choses, voulait conduire beaucoup de fils à participer à sa gloire. Il lui convenait pour cela d’élever à la perfection par ses souffrances celui qui devait leur ouvrir le chemin du salut. Car Jésus, qui purifie les hommes de leurs péchés, et ceux qui sont ainsi purifiés partagent la même humanité. C’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler ses frères lorsqu’il dit à Dieu :

Je proclamerai à mes frères quel Dieu tu es,
je te louerai dans la grande assemblée. » (3)

Selon l’auteur de cette épître, c’est l’homme Jésus qui parle, par David et au moyen du psaume 22! Jésus proclame publiquement, à ses frères, quel Dieu est l’Éternel : compatissant et miséricordieux, qui entend le pauvre dans son malheur. Et il invite la grande assemblée à célébrer ce Dieu, à le glorifier, à le vénérer. Il convie les gens à prendre part à son « offrande votive », à manger avec lui à l’occasion de son repas de communion. (Les noces de l’Agneau?… Hmm, je m’emporte peut-être à mon tour...)

Dans son Épître aux Philippiens, l’apôtre Paul écrit :

« Lui qui, dès l’origine, était de condition divine,
ne chercha pas à profiter de l’égalité avec Dieu,
mais il s’est dépouillé lui-même,
et il a pris la condition du serviteur.
Il se rendit semblable aux hommes en tous points,
et tout en lui montrait qu’il était bien un homme.
Il s’abaissa lui-même en devenant obéissant,
jusqu’à subir la mort, oui, la mort sur la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a élevé à la plus haute place
et il lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom,
pour qu’au nom de Jésus tout être s’agenouille
dans les cieux, sur la terre et jusque sous la terre,
et que chacun déclare : Jésus-Christ est Seigneur
à la gloire de Dieu le Père. » (4)

Grandeur du salut proportionnelle à la profondeur de la détresse. « Élevé à la plus haute place. » « Le nom qui est au-dessus de tout nom. » Que « tout être s’agenouille » et « déclare : Jésus-Christ est Seigneur! » Imaginez la profondeur de la détresse qui a précédé!

Jésus a souffert notre humanité. Notre arrogance, notre injustice, notre lâcheté, notre cruauté. Il a souffert notre mort. Il a donné sa vie pour que nous obtenions le pardon de nos péchés.

Puis Dieu lui a redonné vie, car il est résurrection et vie (5). Et en lui, nous avons connu la grâce. En lui, nous recevons la vie.

Jésus est vivant!

Voilà « ce qu’a fait l’Éternel pour le salut des siens ».

Et moi? Et vous?

Une chose qui me frappe dans la deuxième partie de ce psaume, c’est que bien qu’il ait été abandonné de tous dans sa détresse, David (Jésus) revient vers sa communauté pour proclamer le salut qu’il a reçu et pour inviter les gens à se réjouir avec lui. N’est-ce pas là la grâce?

Et au-delà des frontières, et à travers les siècles, cette proclamation nous atteint ici aujourd’hui. Jésus est vivant! Bien que vous et moi, nous ayons tué Jésus, il nous offre gracieusement son salut.

D’où l’invitation à la réjouissance. Et la joie proportionnelle au deuil. Car il y a deux jours, j’ai tué Jésus. Aujourd’hui, il n’a pas honte de m’appeler « frère ».

« En effet, ceux que Dieu a connus d’avance, il les a aussi destinés d’avance à devenir conformes à l’image de son Fils, afin que celui-ci soit l’aîné de nombreux frères. Ceux qu’il a ainsi destinés, il les a aussi appelés à lui; ceux qu’il a ainsi appelés, il les a aussi déclarés justes, et ceux qu’il a déclarés justes, il les a aussi conduits à la gloire. » (6)

Et la grandeur du salut est proportionnelle à la profondeur de la détresse pour moi aussi. Et pour vous.

 


 

Oui, Jésus est vivant!

Qu’en ce jour de Pâques, notre Père céleste nous fasse saisir, à vous et à moi, un peu plus de la grandeur du salut qu’il nous offre en Jésus; et que par son Esprit, nous nous réjouissions avec lui.

Joyeuses Pâques!

 

Éléazar, le moine belliqueux

 

_______________
Tous les passages cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1) Livre des psaumes, chapitre 22, versets 22b à 32.
(2) Voir le livre du Lévitique, chapitre 7, versets 15 et suivants.
(3) Épître aux Hébreux, chapitre 2, versets 10 à 12; gras et italique ajoutés.
(4) Épître de Paul aux Philippiens, chapitre 2, versets 6 à 11.
(5) Évangile selon Jean, chapitre 11, verset 25.
(6) Épître de Paul aux Romains, chapitre 8, versets 29 et 30; gras et italique ajoutés.

 

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