Mon coeur, une ville fortifiée

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Le combat spirituel

Introduction – Mon cœur, une ville fortifiée

« Par-dessus tout, veille soigneusement sur ton cœur,
car il est à la source de tout ce qui fait ta vie. » (1)

Dans mon billet précédent, j’ai rappelé la définition biblique du cœur comme étant l’être intérieur tout entier et j’ai dit, sur la base du verset cité ci-dessus, que le cœur ainsi défini est le lieu du combat spirituel.

« En effet, tout – absolument tout – ce qui constitue notre vie prend son origine dans le cœur. Toutes les activités de notre vie commencent, d’une façon ou d’une autre, dans notre cœur. Nos décisions se prennent dans le cœur. Nos relations s’entretiennent au niveau du cœur. Le cœur gère tous les aspects de notre vie… Voilà pourquoi il faut veiller soigneusement sur lui. Ce devrait être notre priorité. » (2)

J’aimerais poursuivre ma réflexion sur ce verset des Proverbes et en arriver à une illustration qui m’aide beaucoup à situer les choses lorsqu’on parle de combat spirituel.

« Veille soigneusement sur ton cœur »

Le sens de l’expression « veiller soigneusement » – ou simplement du verbe « garder » dans d’autres versions (3) – est un peu ambigu ici… En considérant seulement le sens du mot lui-même, on peut comprendre que le cœur est méchant et qu’il faut le surveiller comme on surveille un prisonnier. On ne veut pas que le cœur donne libre cours à sa méchanceté.

Il est vrai que plusieurs versets parlent de la méchanceté du cœur, par exemple : « Le cœur est tortueux plus que toute autre chose et il est incurable, qui pourrait le connaître? » (4); ou encore, cette parole de Jésus : « C’est du cœur que proviennent les mauvaises pensées qui mènent au meurtre, à l’adultère, à l’immoralité, au vol, aux faux témoignages, aux blasphèmes » (5).

D’un autre côté, selon un contexte plus large, certains théologiens (6) comprennent plutôt que le cœur est quelque chose de précieux, qu’il faut protéger. Et en effet, le prophète Jérémie dit que Dieu transforme le cœur de celui qui se repent (7), et que Dieu écrit sa loi dans le cœur du croyant (8).

Alors, est-ce qu’il faut veiller sur son cœur comme sur un prisonnier méchant qu’il faut contrôler, ou comme sur quelque chose de précieux qu’il faut protéger?…

Dans le contexte du combat spirituel, je me permets de conserver les deux sens : il faut le contrôler à l’intérieur et le protéger contre l’extérieur. Et j’aimerais ici donner une illustration…

Mon cœur est comme une ville

Ville : agglomération plus ou moins importante, caractérisée par un habitat concentré, dont les activités sont axées sur l’industrie, le commerce, les services et l’administration. (9)

Au fil de mes réflexions, le Seigneur m’a donné une image, ou une sorte d’allégorie. Il m’a amené à penser à mon cœur comme à une ville.

Une ville est un lieu où vivent des gens, qui y font toutes sortes d’activités.

Quels sont les activités ou les bâtiments nécessaires au bon fonctionnement d’une ville?

D’abord, il y a des bâtiments publics qui abritent des organisations chargées d’administrer la ville, comme l’hôtel de ville ou la mairie. Il y a des écoles où on étudie et transmet les connaissances. Il y a des temples et des chapelles, où se déroulent les activités religieuses. Il y a aussi des industries avec différents corps de métier. Il y a des marchés et différents commerces où on offre des biens et des services. Et il y a bien d’autres choses encore…

Alors, puisque mon cœur est comme une ville

J’y ai donc un hôtel de ville, ou plutôt un château (j’aime beaucoup l’époque médiévale, alors je me plais à transférer ma ville allégorique à cette époque) et j’en suis le roi. C’est moi qui gère ma ville et qui l’administre. Je prends mes décisions et mes résolutions, je fais ma planification, j’établis mes objectifs, etc. Lorsque je siège sur le trône, j’y exerce ma volonté.

(J’entends certains réagir : « Non! Non! Il faut que Jésus soit sur le trône! » Eh bien, c’est là une pensée très pieuse, mais pas du tout réaliste à mon sens. Je préfère l’image du roi qui a à son côté « une copie de la Loi de Dieu et qui y lit tous les jours, afin d’apprendre à révérer l’Éternel son Dieu en obéissant à cette Loi et à ses ordonnances ». [10] Cette image est, selon moi, non seulement plus réaliste, mais aussi plus « accessible », plus encourageante dans le quotidien du combat spirituel. Et d’ailleurs…)

J’y ai aussi un temple. C’est là que réside le Saint-Esprit en moi. (11) C’est un lieu que j’essaie de visiter régulièrement, aussi souvent que possible, plusieurs fois par jour. C’est là que je me retire pour adorer, pour prier, pour prendre conseil auprès de Dieu. C’est là où j’exerce ma foi.

J’ai aussi une grande école, une université, avec une grande bibliothèque, pour mes activités intellectuelles. (Ou du moins, c’est ce que je me plais à penser…) J’y emmagasine mon savoir et j’y exerce ma mémoire.

J’ai des boutiques avec différents corps de métier : ce sont mes habiletés.

J’ai un palais de justice et un corps policier. C’est là que ma conscience s’exerce, produisant des convictions de culpabilité et me poussant à la repentance. C’est là que mon éthique, mon caractère moral, mes vertus résident.

Et ainsi de suite… (Il y a certainement aussi une chocolaterie et un club de jazz tout près de la place publique!)

Finalement, il y a des gens qui vivent dans ma ville, dans ses différents quartiers : ce sont mes pensées, mes émotions et mes désirs.

Mais j’ai besoin d’un système de sécurité, de gardes qui patrouillent dans ma ville, pour maintenir la paix et le bon ordre, spécialement dans les quartiers sombres et malfamés. Car souvent, il y a des escarmouches, des émeutes même! Ces affrontements internes, ce sont les conflits entre les désirs de l’Esprit de Dieu, qui habite en moi, et ceux de ma chair. (12)

Évidemment, ce n’est pas un parallèle parfait. Ce n’est pas là le but… Mais j’espère que vous voyez où je veux en venir.

Et je me permets de pousser l’image un peu plus loin.

Mon cœur est comme une ville fortifiée

De nos jours, une ville fortifiée n’est qu’un attrait touristique, comme les murs de la vieille ville de Québec, ou les anciens châteaux en Europe. Mais dans l’Antiquité jusque dans le Moyen-Âge, ces villes fortifiées servaient à protéger les gens qui s’y réfugiaient en cas de danger, et c’est de là qu’on se défendait contre l’ennemi à l’extérieur.

Dans la Bible, la « cité de David » était une forteresse de ce genre, dans la ville de Jérusalem (13). Jérusalem était elle-même une ville fortifiée. Et plusieurs rois ont fortifié d’autres villes sur le territoire d’Israël ancien (par exemple, Jéroboam a fortifié Sichem et Penouel; Omri a fortifié Samarie [14]).

Les fortifications d’une ville permettaient deux choses : d’abord, on pouvait contrôler l’accès à la ville par les portes; ensuite, en cas d’attaque, on pouvait défendre la ville plus facilement.

Alors, mon cœur est une ville fortifiée.

« Dieu est pour nous un rempart, il est un refuge,
un secours toujours offert lorsque survient la détresse…

Avec nous est l’Éternel des armées célestes.
Nous avons pour citadelle le Dieu de Jacob. » (15)

Les fortifications de ma ville, c’est la justification que m’offre Dieu. (16) C’est l’œuvre du Seigneur Jésus-Christ à la croix, pour accomplir la justice de Dieu. (17) C’est ma foi en cette œuvre rédemptrice du Christ. (18)

En général, on ouvre les portes d’une ville pour permettre des échanges avec le monde extérieur. De même, j’ouvre les portes de mon cœur – mes yeux, mes oreilles, mes sens – et je fais du commerce avec le monde extérieur : c’est le marché de ma ville. Mais je dois veiller à ce que ce qui entre dans ma ville soit « vrai, noble, juste, pur, digne d’amour ou d’approbation », que cela « mérite respect et louange » (19).

De plus, j’ai des gardes sur les remparts de ma ville, qui veillent à la protéger des attaques extérieures. Ces attaques sont celles que Satan et ses démons lancent contre moi.

* * * * *

Voilà! Mon cœur est une ville fortifiée.

À l’intérieur, je dois veiller à nettoyer les quartiers des désirs de la chair, afin d’être habité par ceux de l’Esprit de Dieu. Je dois aussi veiller, au marché dans mes échanges avec le monde, à ce que tout ce qui entre dans ma ville soit noble et digne, approuvé de Dieu. Et depuis les remparts de la justice de Dieu, je dois me protéger des attaques de l’Ennemi.

Alors, veillons sur notre cœur!

Que l’Éternel
nous donne la grâce et la force
de tenir ferme et de combattre le bon combat de la foi
jusqu’à la fin.
Jusqu’au retour du Seigneur Jésus-Christ,
le Vainqueur de tout!

 

Fraternellement en Jésus,

 

Éléazar, le moine belliqueux

_______________
Tous les passages cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).
(1) Livre des Proverbes, chapitre 4, verset 23.
(2) Mon billet « Une question de tête ou de cœur? », 7 janvier 2018.
(3) Par exemple, La nouvelle Bible Segond (Société biblique française, 2002), la Traduction œcuménique de la Bible (Société biblique française & Éditions du Cerf, 1988), et la Bible Segond 21 (Société biblique de Genève, 2007).
(4) Livre du prophète Jérémie, chapitre 17, verset 9.
(5) Livre de l’Évangile selon Matthieu, chapitre 15, verset 19.
(6) Par exemple, Carl Friedrich Keil et Franz Delitzsch dans Commentary on the Old Testament, volume 6, page 82. (Peabody, MA : Hendrickson, 1996.)
(7) « Je disposerai leur cœur à me connaître et à savoir que je suis l’Éternel. Alors ils seront mon peuple, et moi, je serai leur Dieu; car ils reviendront à moi de tout leur cœur. » Livre du prophète Jérémie, chapitre 24, verset 7.
(8) « Mais voici quelle alliance je vais conclure avec le peuple d’Israël : Après ces jours, déclare l’Éternel, je placerai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes, je la graverai dans leur cœur; moi, je serai leur Dieu, eux, ils seront mon peuple. » Livre du prophète Jérémie, chapitre 31, verset 33.
(9) Dictionnaire Antidote 8 v5; Druide Informatique, 2015.
(10) Voir le Livre du Deutéronome, chapitre 17, verset 19.
(11) Voir la Première lettre de l’apôtre Paul aux Corinthiens, chapitre 3, verset 16.
(12) Voir la Lettre de l’apôtre Paul aux Galates, chapitre 5, versets 16 et 17.
(13) Voir, par exemple, le Deuxième livre de Samuel, chapitre 5, verset 7.
(14) Voir, respectivement, le Premier livre des Rois, chapitre 12, verset 25; et chapitre 16, verset 24.
(15) Livre des Psaumes, chapitre 46, versets 2 et 12.
(16) « L’Éternel est comme un donjon bien fortifié : le juste y accourt et il y est en sécurité. » Livre des Proverbes, chapitre 18, verset 10.
(17) Voir, par exemple, la Lettre de l’apôtre Paul aux Romains, chapitre 3, versets 21 à 26.
(18) « Prenez, en toutes circonstances, le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais. » Lettre de l’apôtre Paul aux Éphésiens, chapitre 6, verset 16.
(19) Voir la Lettre de l’apôtre Paul aux Philippiens, chapitre 4, verset 8.

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