L’amour, c’est quoi?

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Saint-Valentin

L’amour, c’est quoi?

Ici, un lièvre, c’est un « mammifère rongeur qui ressemble au lapin et dont les pattes postérieures, plus longues que les pattes antérieures, lui permettent une course rapide » (1). En Afrique centrale, où j’ai habité pendant quelques années, un lièvre, c’est une petite antilope des forêts (un mammifère ruminant).

Même langue, même mot. Cultures différentes, réalités différentes.

Avant 1985, une fenêtre était une « ouverture munie d’un châssis habituellement vitré, pratiquée dans un mur ou une cloison afin de laisser pénétrer l’air, la lumière à l’intérieur d’une pièce ». Avec les développements technologiques et informatiques survenus depuis ce temps, une fenêtre est maintenant aussi une « zone rectangulaire d’un écran à l’intérieur de laquelle sont inscrites des informations graphiques ou alphanumériques » (2).

Même langue, même mot. Époques différentes, réalités différentes.

Les mots changent de sens. Ils changent de sens avec le temps et selon l’usage qu’une communauté en fait pour décrire sa réalité.

Que dire donc du mot « amour »? Comment comprenons-nous ce concept et utilisons-nous ce mot?

Une définition de l’amour

Je ne prétends pas avoir fait une étude exhaustive de la chose. J’ai seulement consulté quelques dictionnaires en ligne. (3)

En gros, en français, on utilise le mot « amour » selon quatre sens principaux :

1. Un « sentiment [ou un] attachement intense qui lie deux êtres, basé à la fois sur la tendresse et l’attirance physique »;
2. Une « affection qui lie les membres d’une même famille, les parents à leurs enfants, les enfants à leurs parents, les enfants entre eux »;
3. Une « dévotion, [un] dévouement [ou une] attirance pour une divinité, un idéal, une personne »;
4. Un « goût prononcé, [une] prédilection [ou une] passion pour quelque chose ». (4)

Si vous êtes comme moi, vous utilisez probablement ces quatre sens assez régulièrement. En effet, personnellement, j’aime mon épouse, j’aime mes fils, j’aime Dieu et j’aime le chocolat…

Mais ces quatre sens font-ils vraiment le tour de la question? N’y aurait-il pas une facette qui nous a échappé au fil du temps? Un usage que notre société a laissé tomber parce qu’il ne fait plus partie de sa réalité?

Je crois que oui. Et je crois que cette facette, cet usage, c’est l’amour de Dieu, l’amour qui vient de Dieu.

Dieu est amour

Il y a près de 2000 ans, l’apôtre Jean a écrit : « Dieu est amour » (5).

Je doute qu’il ait voulu dire que Dieu personnifiait un « sentiment, [un] attachement intense qui lie deux êtres, basé à la fois sur la tendresse et l’attirance physique » (premier sens mentionné plus haut). L’image que cela donne, plutôt grotesque, s’apparente davantage à la mythologie grecque ou romaine, où les dieux s’amourachent les uns des autres et ont des aventures dignes d’un feuilleton télévisé moderne.

Le deuxième sens – cette « affection qui lie les membres d’une même famille, les parents à leurs enfants, les enfants à leurs parents » – nous met sur une piste. En effet, le Père aime le Fils et le Fils aime le Père au sein de la Trinité (6). Mais il ne faut pas transposer notre compréhension de la réalité humaine et terrestre sur la divine et céleste. Ce serait diluer et limiter énormément le sens du concept. Il faut plutôt voir notre réalité comme un pâle reflet de celle qui se vit au sein de la divinité. C’est de cet amour-là, cet amour pur, que dérive tout ce que nous, nous pouvons en comprendre.

Dieu est amour. Alors, quel est cet amour?

L’amour de Dieu, c’est quoi?

Dans son livre The Difficult Doctrine of the Love of God, (« La doctrine difficile de l’amour de Dieu »), Don Carson énumère « cinq façons distinctes dont la Bible parle de l’amour de Dieu » (7) :

1. L’amour particulier entre le Père et le Fils au sein de la Trinité (comme je l’ai mentionné plus haut);

2. L’amour providentiel de Dieu pour tout ce qu’il a fait. Bien que le mot « aimer » ne soit pas employé explicitement, on peut distinguer le concept dans les tendres soins du Créateur à l’égard de son œuvre, depuis les déclarations « C’est bon! » de la Genèse (8), jusqu’aux petites attentions accordées aux oiseaux du ciel et aux lis sauvages (9);

3. La position que Dieu adopte à l’égard d’un monde déchu, en vue de son salut. On cite fréquemment : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… » (10), mais en mesure-t-on toute la portée? Carson fait remarquer que la beauté de la chose ne réside pas dans le fait que l’amour de Dieu s’étende à quelque chose d’aussi vaste que le monde, mais à quelque chose d’aussi mauvais; pas à autant de gens, mais à des gens aussi pervertis (11);

4. L’amour particulier et efficace de Dieu à l’égard des élus (12). Au fil des âges, Dieu a fait des promesses à la nation d’Israël, à l’Église et aux croyants. Dans sa fidélité, il agit en vue de l’accomplissement de ces promesses.

5. Une facette de l’amour de Dieu pour son peuple est conditionnelle à l’obéissance. Le Seigneur Jésus a dit : « Comme le Père m’a toujours aimé, moi aussi je vous ai aimés; maintenez-vous donc dans mon amour. Si vous obéissez à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, tout comme moi-même j’ai obéi aux commandements de mon Père et je demeure dans son amour. » (13) Pour demeurer dans l’amour de Dieu, il faut obéir…

Oui, je suis d’accord : chacun de ces points mérite d’être développé. (Ce sera peut-être le sujet de mes billets de la Saint-Valentin pour les cinq prochaines années!) Pour l’instant, j’aimerais simplement revenir au fait que notre définition actuelle de l’amour fait défaut.

Il est vrai que nous ne pourrons jamais pleinement saisir la pureté des liens qui unissent les trois personnes de la Trinité. Mais que dire des soins du Créateur à l’égard de sa création? De ce renoncement et de cette souffrance encaissée qui donnent librement pour atteindre celui et celle qui ne sont pas aimables? De cet engagement et de cette fidélité à tenir ses promesses coûte que coûte? De cette obéissance?

Vous direz peut-être : « Oui, mais on parle là d’un amour spécial, de l’amour que Dieu nous dispense. » Je vous répondrai : ne sommes-nous pas appelés à aimer de la même façon? Le Seigneur Jésus n’a-t-il pas dit : « Aimez-vous les uns les autres comme moi-même je vous ai aimés »? (14)

Carson a dit que « l’amour de Dieu, dans notre culture, a été purgé de tout ce qui la rend mal à l’aise. L’amour de Dieu a été édulcoré, démocratisé et par-dessus tout sentimentalisé. » (15) C’est vrai. Mais j’aurais tendance à aller plus loin : c’est notre compréhension de l’amour, tout court, qui fait défaut.

Nous avons besoin de réformer notre définition, et surtout notre pratique.

 


 

Que le Père céleste nous donne de comprendre,
avec tous ceux qui appartiennent à Dieu,
combien l’amour du Christ est large,
long, élevé et profond.
Que par son Esprit,
nous soyons à même de connaître cet amour
qui surpasse tout ce qu’on peut en connaître,
et qu’ainsi nous soyons remplis de toute la plénitude de Dieu. (16)

Fraternellement en Jésus,

Éléazar, le moine belliqueux

_______________
Tous les passages cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1) « Lièvre », logiciel Antidote 8 v5, Druide informatique inc., septembre 2015.
(2) « Fenêtre », logiciel Antidote 8 v5, Druide informatique inc., septembre 2015.
(3) « Amour », logiciel Antidote 8 v5, Druide informatique inc., septembre 2015. « Amour », Le Dictionnaire. « Amour », Dictionnaire de français Larousse. « Amour », Centre national de ressources textuelles et linguistiques.
(4) « Amour », logiciel Antidote 8 v5, Druide informatique inc., septembre 2015.
(5) Première lettre de l’apôtre Jean, chapitre 4, verset 8 et 16.
(6) Voir par exemple l’Évangile selon l’apôtre Jean, chapitre 3, verset 35; chapitre 5, verset 20; et chapitre 14, verset 31.
(7) D. A. Carson, The difficult doctrine of the love of God (Wheaton, IL: Crossway Books, 2000), p. 16 et suiv.
(8) Voir le Livre de la Genèse, chapitre 1, versets 4, 10, 12, 18, 21, 25 et 31.
(9) Voir l’Évangile selon l’apôtre Matthieu, chapitre 6, versets 25 à 34.
(10) Évangile selon l’apôtre Jean, chapitre 3, verset 16.
(11) Carson, tel que cité plus haut, p. 17.
(12) Ici, Carson dit : « God’s particular, effective, selecting love toward his elect » (« L’amour particulier, efficace et “sélectionnant” [ou discriminant] de Dieu à l’égard de son élu »), l’« élu » pouvant être la nation d’Israël ou l’Église en tant que corps ou individus (p. 18). Je ne suis pas certain que je connais comme il faut la position de Carson sur l’élection, et que je la partage. Pour les besoins de ce billet, j’ai choisi de laisser tomber ce mot.
(13) Évangile selon l’apôtre Jean, chapitre 15, versets 9 et 10.
(14) Évangile selon l’apôtre Jean, chapitre 15, verset 12.
(15) Carson, tel que cité plus haut, p. 11.
(16) D’après la Lettre de l’apôtre Paul aux Éphésiens, chapitre 3, versets 18 et 19.

 

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