Joyeuse Pentecôte

MB - Pentecôte

Joyeuse… Pentecôte?

On dit Joyeux Noël. On dit aussi Joyeuses Pâques. Mais on ne dit pas Joyeuse Pentecôte.

Le jour de la Pentecôte se retrouve rarement – sinon jamais – sur les calendriers muraux que nous affichons dans nos foyers. Il s’est perdu, ignoré, quelque part entre la fête des Mères et la fête des Pères. Ces deux dernières avaient probablement davantage de potentiel commercial…

Mais il semble que ce désintéressement existe aussi du côté religieux. Le simple fait que Pâques et Noël ont obtenu le statut social de « fête religieuse » (jour férié inclus), mais pas la Pentecôte, témoigne certainement que les croyants au fil des siècles ont montré un plus grand intérêt pour les premières au détriment de la dernière.

C’est dommage.

Je crois en effet que la Pentecôte est une belle occasion de se rappeler des vérités spirituelles importantes pour le chrétien.

La Pentecôte commémore le don du Saint-Esprit aux croyants

« Or, un jour [que le Seigneur Jésus ressuscité] prenait un repas avec [ses disciples], il leur recommanda de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que son Père leur accorde le don qu’il leur avait promis.
     – C’est le don que je vous ai annoncé, leur dit-il. Car Jean a baptisé dans l’eau, mais vous, c’est dans le Saint-Esprit que vous serez baptisés dans peu de jours.
Comme ils étaient réunis autour de lui, ils lui demandèrent :
     – Seigneur, est-ce à ce moment-là que tu rendras le royaume à Israël?
Il leur répondit :
     – Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais le Saint-Esprit descendra sur vous : vous recevrez sa puissance et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout du monde. » (1)

Quelques jours après cette conversation, c’était la fête juive de la Pentecôte qui vient cinquante jours après la Pâque. C’est à ce moment que le Père a donné aux disciples de Jésus, réunis dans une chambre à l’étage d’une maison, ce qu’il avait promis auparavant par le prophète Joël : son propre Esprit. (2) On connaît l’histoire : grand bruit venant du ciel, coup de vent violent dans la maison, langues de feu se posant sur chacun et exclamations d’émerveillement en diverses langues. (3)

Depuis cet événement, la Pentecôte est synonyme d’effusion de l’Esprit saint sur les croyants chrétiens. Mais on ne commémore pas cette fête, ou du moins très peu selon mon expérience. Et c’est dommage, surtout quand on pense à l’importance de l’œuvre du Saint-Esprit chez le croyant.

En effet, c’est l’Esprit qui a convaincu mon cœur quant au péché, à la justice et au jugement, pour qu’enfin je me tourne vers Jésus pour recevoir son salut. C’est encore par l’Esprit que je suis né spirituellement. Il m’a baptisé, c’est-à-dire plongé en Jésus, uni à lui dans sa mort et sa résurrection, de sorte que Christ m’a délivré du jugement de Dieu, du pouvoir du péché en moi et du royaume des ténèbres qui me rendait esclave. Le Saint-Esprit habite en moi : il fait de mon cœur un temple pour Dieu. Il agit comme un sceau, comme un gage, me donnant l’assurance du salut promis et me le garantissant. Cet Esprit m’enseigne et me conduit, il intercède même en ma faveur auprès du Père. (4)

Ce n’est pas peu de choses, ne croyez-vous pas?

C’est pourquoi je crois que le jour de la Pentecôte, les croyants devraient célébrer la personne et l’œuvre de Dieu, le Saint-Esprit.

La Pentecôte marque la naissance de l’Église

« Le corps humain forme un tout, et pourtant il a beaucoup d’organes. Et tous ces organes, dans leur multiplicité, ne constituent qu’un seul corps. Il en va de même pour ceux qui sont unis au Christ. En effet, nous avons tous été baptisés par un seul et même Esprit pour former un seul corps, que nous soyons Juifs ou non-Juifs, esclaves ou hommes libres. C’est de ce seul et même Esprit que nous avons tous reçu à boire. » (5)

En général, nous aimons souligner les anniversaires. Et pourtant, nous sommes prompts à oublier celui de l’Église. La Pentecôte, c’est l’anniversaire de l’Église, dont je fais partie.

Le théologien Charles Ryrie décrit l’Église universelle ainsi :

« L’Église universelle est cet organisme spirituel duquel Christ est la tête et les croyants, depuis la Pentecôte jusqu’à l’enlèvement, sont les membres. C’est l’Église de Christ en ce qu’il l’a réclamée comme sienne (Matthieu 16.18). Il a enseigné ceux qui deviendraient ses premiers dirigeants (Jean 14–16) et il était celui qui a envoyé le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte, pour la former et l’habiliter (Actes 2.33). Par sa résurrection et son ascension, il est devenu la tête du corps, de l’Église (Éphésiens 1.20-23), lui faisant des dons (4.8-11) et la préparant à devenir son Épouse, sans tache ni aucun défaut (5.26-27). » (6)

Je fais partie de cet organisme. Lors de mon salut, le Saint-Esprit m’a placé dans ce Corps. J’y ai joint de nombreuses personnes qui sont devenues mes frères et mes sœurs en Jésus. Ensemble, nous travaillons à l’établissement du Royaume de Dieu, là où chacun de nous se trouve, en attendant la venue de l’Époux dans sa gloire.

Je fais partie de quelque chose de grand. De beaucoup plus grand que moi. Nous en faisons partie ensemble, vous et moi.

C’est pourquoi je crois que le jour de la Pentecôte, les croyants devraient célébrer l’Église, le Corps de Christ, formée de tous les croyants et croyantes à travers le monde et les âges.

 


 

Dimanche prochain, que l’Esprit saint vous remplisse d’une façon particulière et vous donne une grâce spéciale : qu’il vous rende sensible à sa présence en vous et qu’ainsi, il vous pousse à adorer le Père, qui vous a donné toutes choses, et Jésus-Christ, qui est votre Seigneur, votre Chef, votre Époux. Qu’il vous donne aussi de célébrer, avec vos frères et sœurs en Christ, dans toute leur diversité, l’Église au sein de laquelle il vous a placé pour sa gloire.

Joyeuse Pentecôte!

 

Éléazar, le moine belliqueux

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Tous les passages cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1) Livre des Actes des Apôtres, chapitre 1, versets 4 à 8.
(2) Voir le livre du prophète Joël, chapitre 3, versets 1 et 2; ou chapitre 2, versets 28 et 29, selon la version.
(3) Voir le livre des Actes des Apôtres, chapitre 2, versets 1 à 11.
(4) Sur la conviction : Jean 16.8-11; sur la régénération : Jean 3.5-6; 2 Corinthiens 5.17; Tite 3.5; 1 Jean 2.29; sur le baptême : Romains 6.1-10; sur son habitation : Jean 14.16; Romains 8.9; 1 Corinthiens 6.19; sur l’assurance, le sceau et le gage : Romains 8.16; 2 Corinthiens 1.22; Éphésiens 1.13; 4.30; sur son enseignement et sa direction : Jean 16.12-15; Romains 8.14; 1 Jean 2.27; sur son intercession : Romains 8.26.
(5) Première épître de l’apôtre Paul aux Corinthiens, chapitre 12, versets 12 et 13.
(6) « The universal church is that spiritual organism of which Christ is the Head and believers from Pentecost to the rapture are the members. It is Christ’s church in that He claimed it as His (Mt 16:18). He taught those who would first lead it (Jn 14–16), and was the one who sent the Holy Spirit on the day of Pentecost to form it and empower it (Ac 2:33). In His resurrection and ascension He became Head over His body, the church (Eph 1:20–23), giving her gifts (Eph 4:8–11) and preparing her to be His bride without spot and blemish (Eph 5:26–27). » Charles Caldwell Ryrie, A Survey of Bible doctrine (Chicago : Moody Press, 1972). (Traduction de l’auteur)

 

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