Immersion totale

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Pentecôte

Immersion totale – baptême et plénitude

Depuis quelques semaines, je fais une prière bizarre le matin, en me rendant à mon arrêt d’autobus pour aller travailler. Je demande à l’Esprit de me plonger à nouveau en Jésus. De m’immerger en lui.

C’est une prière bizarre parce que je sais, intellectuellement, que le baptême de l’Esprit n’arrive qu’une seule fois, à la conversion. Je sais que je suis « en Jésus ». C’est mon état. C’est ainsi que le Père me voit.

Néanmoins, je ressens le besoin d’avoir plus de Jésus. D’en être imbibé, comme une éponge gonflée d’eau.

C’est peut-être parce que je suis las, non pas de lutter contre le péché, mais de lutter toujours contre le même péché… et de perdre si souvent la bataille.

Ou c’est peut-être parce que ma routine quotidienne semble tellement dénuée de puissance, de spectaculaire. Parfois, j’en arrive même à me demander si l’Esprit est vraiment à l’œuvre en moi.

Alors je profite de la fête de la Pentecôte, la fête de l’Esprit, pour revisiter quelques vérités spirituelles et me remettre un peu les idées en place.

Le baptême, mon identification avec Christ

« En effet, nous avons tous été baptisés par un seul et même Esprit pour former un seul corps, que nous soyons Juifs ou non-Juifs, esclaves ou hommes libres. C’est de ce seul et même Esprit que nous avons tous reçu à boire. » (1)

« Le baptême, c’est l’œuvre de l’Esprit qui façonne l’unité vivante de l’Église et qui y ajoute. » (2)

Je sais que le baptême de l’Esprit n’est pas une « expérience » que j’ai ressentie. Pas de picotements au bout des doigts. Pas de manifestations surnaturelles. C’est quelque chose qui s’est déroulé dans les lieux célestes. Et du fait, mon état spirituel a été radicalement transformé. Une fois pour toutes.

Avant, j’étais mort spirituellement. Maintenant, je suis vivant. (C’est ce qu’on appelle la nouvelle naissance. [3])

Avant, j’étais « en Adam », perdu parce qu’attaché au chef de l’humanité déchue. Maintenant, je suis « en Christ », sauvé parce qu’attaché au Chef de la nouvelle humanité. (4)

Avant, j’étais un étranger, sans peuple et sans famille. Maintenant, je suis concitoyen des membres du peuple de Dieu, je fais partie de la famille de Dieu. (5)

Et tous ces faits spirituels sont garantis par l’Esprit saint qui a fait de moi son temple. (6) Sa présence en moi est le sceau de Dieu, attestant la réalité des choses promises. (7)

L’Esprit de Dieu habite en moi… Wow!

De toute évidence, mon problème de « routine quotidienne dénuée de puissance » ne vient pas d’un manquement du côté de Dieu.

La plénitude, une expérience à rechercher constamment

« Ne vous enivrez pas de vin – cela vous conduirait à une vie de désordre – mais laissez-vous constamment remplir par l’Esprit. » (8)

« Une étude minutieuse de la nature de la plénitude du Saint-Esprit montrera qu’elle est la source de toute expérience spirituelle vitale dans la vie du chrétien. » (9)

Je dois vous avouer que pour préparer ce billet, j’ai lu un peu dans un ouvrage théologique de confession pentecôtiste. J’avais un peu l’espoir de découvrir de nouvelles lumières sur le sujet.

Selon ce point de vue, le baptême du Saint-Esprit est « une expérience précise, subséquente au salut, par laquelle la troisième personne de la Divinité vient sur le croyant pour l’oindre et l’énergiser en vue d’un service spécial » (10).

Les quelques pages que j’ai lues ne m’ont pas convaincu. En fin de compte, selon moi, ce sont deux explications un peu divergentes d’une même réalité spirituelle. Ce que mes frères et sœurs pentecôtistes appellent baptême de l’Esprit, les confessions plus conservatrices appellent plénitude de l’Esprit.

Et malheureusement pour moi, je ne crois pas que changer le nom de la chose et rechercher une nouvelle expérience m’apportera une solution. Non, le problème est en moi…

Dans son livre sur le Saint-Esprit, John F. Walvoord explique la distinction entre le fait que l’Esprit habite le croyant, et la plénitude de l’Esprit :

« L’une des caractéristiques distinctives de la dispensation de la grâce, en contraste avec les périodes précédentes, est le fait que le Saint-Esprit habite chacun qui est régénéré. » (11)

« [Ce fait que l’Esprit habite le croyant] évoque la présence constante de l’Esprit, alors que la plénitude de l’Esprit indique le ministère et l’étendue du contrôle de l’Esprit sur un individu. » (12)

« En conséquence, ce n’est pas une question de s’assurer davantage de la présence de Dieu, mais d’entrer dans la réalité de sa présence et de céder à tout le contrôle et le ministère pour lequel il est venu habiter le croyant. » (13)

Céder à tout le contrôle et le ministère… Voilà donc mon problème…

« Bien que les preuves extérieures de la plénitude de l’Esprit peuvent varier, Dieu veut que sa réalité constante soit l’expérience normale des siens. C’est seulement dans la mesure où le chrétien vit la réalité présente de la plénitude de l’Esprit que le ministère complet de celui-ci se concrétisera. » (14)

La plénitude de l’Esprit, mon expérience normale… Ouf! Je ne suis tellement pas là! Même après plus de trente ans de vie chrétienne. C’est donc que je résiste encore au ministère de l’Esprit en moi.

Est-ce donc un problème de confiance?… Peut-être.

Ou plutôt un problème de sainteté?…

Marcher selon l’Esprit

« Comme des enfants obéissants, ne vous laissez plus diriger par les passions qui vous gouvernaient autrefois, au temps de votre ignorance. Au contraire, tout comme celui qui vous a appelés est saint, soyez saints dans tout votre comportement. Car voici ce que Dieu dit dans l’Écriture : Soyez saints, car je suis saint. »

« Laissez le Saint-Esprit diriger votre vie, et vous n’obéirez pas aux désirs qui animent l’homme livré à lui-même. » (15)

Quand on lit le livre des Actes des apôtres, on associe la présence et l’œuvre de l’Esprit au spectaculaire – au vent puissant, au parler en langues, aux guérisons. Évidemment, on aspire à de telles manifestations. Mais on ne doit pas « rechercher » ces manifestations : elles sont produites par l’Esprit « comme il le veut » (16).

Ce que moi je dois rechercher, c’est la sainteté, c’est la direction de l’Esprit dans ma vie. Le fruit qui en découlera naturellement sera l’amour pour mon prochain, un cœur joyeux et paisible malgré les circonstances, la fidélité, la douceur, la maitrise de soi. (17) Loin d’être spectaculaires, ces choses témoigneront néanmoins de la puissance d’une vie transformée par l’Esprit.

Malheureusement, je laisse trop souvent la routine m’endormir. Au lieu de continuer à marcher avec l’Esprit, je finis par m’arrêter « sur le chemin des pécheurs » et par m’asseoir « en compagnie des moqueurs ». (18) Je me détourne lentement de la lumière que l’Esprit veut jeter sur ma vie et je finis par l’attrister. (19)

Finalement, mon cas ressemble beaucoup à celui des Israélites dans le livre des Juges… (20)

Je dois rechercher la sainteté. Je dois prendre conscience de la réalité de la présence de l’Esprit en moi et je dois lui laisser diriger ma vie.

Je dois laisser l’Esprit m’imbiber de Jésus…

 


 

Père, merci de l’Esprit que tu as mis en nous,
qui garantit les promesses que tu fais à l’Église.
Rends-nous sensibles à sa lumière dans notre vie;
donne-nous le courage de renoncer au péché
qu’il met à jour;
pardonne-nous, lave-nous, sanctifie-nous;
et produis en nous un fruit juste et paisible,
qui te glorifie,
au nom de notre Seigneur Jésus-Christ.

 

Joyeuse Pentecôte!

 

Éléazar, le moine belliqueux

_______________
Tous les passages cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1) Première lettre de l’apôtre Paul aux Corinthiens, chapitre 12, verset 13.
(2) « Baptism is, then, the work of the Holy Spirit forming and adding to the living unity of the church. » John F. Walvoord, The Holy Spirit (Galaxie Software, 2008), page 141.
(3) Voir l’Évangile selon l’apôtre Jean, chapitre 1, verset 13.
(4) Voir la Lettre de l’apôtre Paul aux Romains, chapitre 5, versets 12 à 15; et la Première lettre aux Corinthiens, chapitre 15, versets 21 à 22, et 45.
(5) Voir la Lettre de l’apôtre Paul aux Éphésiens, chapitre 2, verset 19.
(6) Voir la Première lettre de l’apôtre Paul aux Corinthiens, chapitre 3, versets 16 et 17; et chapitre 6, versets 19 et 20.
(7) Voir la Deuxième lettre de l’apôtre Paul aux Corinthiens, chapitre 1, verset 22; et la Lettre aux Éphésiens, chapitre 1, verset 13.
(8) Lettre de l’apôtre Paul aux Éphésiens, chapitre 5, verset 18.
(9) « A careful study of the nature of the filling of the Holy Spirit will reveal that it is the source of all vital spiritual experience in the life of the Christian. » John F. Walvoord, cité plus haut, page 189. (Italique de l’auteur)
(10) « The Baptism with the Holy Ghost is a definite experience, subsequent to salvation, whereby the Third Person of the Godhead comes upon the believer to anoint and energize him for special service. » Guy P. Duffield et Nathaniel M. Van Cleave, Foundations of Pentecostal theology (Los Angeles, CA : L.I.F.E. Bible College, 1983), page 307.
(11) « One of the distinctive features of the dispensation of grace in contrast to prior periods is the fact that the Holy Spirit indwells everyone who is regenerated. » John F. Walvoord, cité plus haut, page 151.
(12) « Indwelling is the abiding presence of the Spirit, while the filling of the Spirit indicates the ministry and extent of control of the Spirit over the individual. » John F. Walvoord, cité plus haut, page 155.
(13) « Accordingly, it is not a question of securing more of the presence of God but of entering into the reality of His presence and yielding to all the control and ministry for which He has come to indwell. » John F. Walvoord, cité plus haut, page 192.
(14) « While the outward evidence of the fullness of the Spirit may vary, the abiding reality is intended by God to be the normal experience of His own. It is only as the Christian experiences the present reality of the fullness of the Spirit that the full-orbed ministry of the Spirit may be realized. » John F. Walvoord, cité plus haut, page 195.
(15) Respectivement, Première lettre de l’apôtre Pierre, chapitre 1, versets 14 à 16; et Lettre de l’apôtre Paul aux Galates, chapitre 5, verset 16.
(16) Voir la Première lettre de l’apôtre Paul aux Corinthiens, chapitre 12, versets 7 à 11.
(17) Voir la Lettre de l’apôtre Paul aux Galates, chapitre 5, verset 22.
(18) Voir le livre des Psaumes, chapitre 1, verset 1.
(19) Respectivement, voir la Première lettre de l’apôtre Paul aux Thessaloniciens, chapitre 5, verset 19; et la Lettre aux Éphésiens, chapitre 4, verset 30.
(20) Dans le livre des Juges, les Israélites servaient Dieu durant la vie d’un dirigeant fidèle, puis après sa mort, s’éloignaient de Dieu progressivement pour servir des idoles. Dieu châtiait son peuple en le livrant à ses ennemis, le peuple se repentait et priait Dieu, Dieu donnait un nouveau dirigeant pour libérer le peuple, et le cycle recommençait.

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