Enjeu du combat

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Le combat spirituel

Introduction – Quel est l’enjeu du combat?

Les équipes de hockey ou de football s’affrontent pour remporter ultimement une coupe, pour voir son nom inscrit sur un trophée.

Dans les sports de combat, on s’affronte pour obtenir la ceinture du vainqueur, le titre de champion.

Avant de se lancer dans de grandes questions (potentiellement controversées!) sur le combat spirituel, il convient de se demander quel est l’enjeu du combat. Pourquoi y a-t-il un combat?

(En passant… J’ai choisi une photo de combattant d’arts martiaux mixtes, non pas parce que j’aime ce sport. Bien au contraire. Déjà j’ai de la difficulté à appeler « sport » une activité où on se frappe l’un l’autre, qui plus est où on se frappe presque à mains nues. C’est beaucoup trop brut et cru à mon goût. Moi, j’aurais mis une photo de deux escrimeurs, tout de blanc vêtus, qui se mesurent avec protocole et propreté. Mais voilà… C’est un peu comme un rappel pour moi. Je dois me souvenir que le combat spirituel, c’est souvent brut et cru… et malgré cela, il faut le livrer.)

Je vous suggère de jeter un coup d’œil à quelques versets, pour nous donner des éléments de réponse.

« Par-dessus tout, veille soigneusement sur ton cœur,
car il est à la source de tout ce qui fait ta vie. » (1)

J’ai déjà cité ce bref passage dans deux billets précédents : j’y explique que le cœur est le lieu du combat et je présente une analogie où je vois le cœur comme une ville. Mais peut-on voir aussi le cœur comme l’enjeu du combat?

L’enjeu : le cœur?

Il y a plusieurs années, lorsque j’ai commencé ma réflexion personnelle sur le combat spirituel, je faisais la déclaration suivante :

L’enjeu du combat, c’est le cœur!

À première vue, on peut être tenté de dire : Oui, bien sûr! Puisque c’est du cœur que viennent les sources de la vie, l’enjeu du combat spirituel, c’est le cœur, pour contrôler la vie. Cependant, ce n’est pas tout à fait vrai… Ça dépend de qui on parle…

Cette déclaration est vraie pour le non-croyant, pour celui ou celle qui n’est pas un enfant de Dieu. Malheureusement, une telle personne, par nature, appartient aux ténèbres, elle suit le chef des puissances spirituelles mauvaises et elle est destinée à subir la colère de Dieu. (2) L’Ennemi veut garder là cette personne, dans l’esclavage et la mort. Mais Dieu veut lui donner la liberté et la vie. D’où le combat, et l’enjeu : son cœur. Ultimement, c’est une question de vie ou de mort.

Mais vous vous dites peut-être : « Oh! Mais moi, je suis correct. J’ai toujours été chrétien. » Ou : « J’ai grandi dans une famille chrétienne : mon père, mon grand-père, et même mon arrière-grand-père étaient chrétiens. » Ou encore : « J’ai grandi dans l’église. Je suis allé à l’école du dimanche depuis que je suis tout petit et je connais toutes les histoires de la Bible. »

Le fait est qu’on ne peut pas être chrétien par nature. On doit le devenir et il n’y a qu’une seule façon. Au début de son évangile, l’apôtre Jean dit, en parlant de Jésus :

« Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. Certains pourtant l’ont accueilli; ils ont cru en lui. À tous ceux-là, il a accordé le privilège de devenir enfants de Dieu. Ce n’est pas par une naissance naturelle, ni sous l’impulsion d’un désir, ou encore par la volonté d’un homme, qu’ils le sont devenus; mais c’est de Dieu qu’ils sont nés. » (3)

On devient enfant de Dieu, par la foi. « Pas par une naissance naturelle » – c’est-à-dire, la valeur de sa lignée, de son ascendance, ne fait pas de soi un enfant de Dieu. « Ni sous l’impulsion d’un désir » – c’est-à-dire, la vertu de ses parents, le fait qu’ils étaient « de bons chrétiens », ne fait pas de soi un chrétien. « Ou encore par la volonté d’un homme » – c’est-à-dire, ses propres efforts ou même les rites de son église ne peuvent sauver personne. Pour devenir un enfant de Dieu, on doit « naitre de Dieu » : on doit accepter le verdict de Dieu sur sa vie, se repentir et recevoir, pour soi et par la foi, l’œuvre que Jésus-Christ a accomplie.

À nous qui avons fait cette démarche de foi, l’apôtre Paul dit que Dieu « nous a arrachés au pouvoir des ténèbres et nous a fait passer dans le royaume de son Fils bien-aimé. Étant unis à lui, nous sommes délivrés, car nous avons reçu le pardon des péchés. » (4)

Pour le croyant, l’enjeu du combat spirituel devient donc très différent, car on ne peut perdre cette vie spirituelle à laquelle on nait. (5)

Alors, que devient-il donc, cet enjeu?

L’enjeu : la vie abondante

« Le voleur vient seulement pour voler, pour tuer et pour détruire.
Moi, je suis venu afin que les hommes aient la vie, une vie abondante. » (6)

On aime citer la deuxième partie de ce verset. On la connaît bien. Mais cette déclaration de Jésus répond au vol et à la destruction que le voleur cherche à répandre. Le Seigneur met en contraste ce que lui offre et ce que le voleur impose. Et si cet Ennemi – ce voleur – ne peut toucher à la vie spirituelle que Jésus donne au croyant, par contre il peut l’empêcher de gouter à l’abondance promise, au repos, à la plénitude qui se trouvent en Jésus.

Voilà l’enjeu du combat spirituel pour le croyant!

C’est cette vie parfaite et entière que Dieu avait donnée à Adam et à Ève au début, à la création. De nos jours, à cause du péché, notre cœur – ce canal qui nous donne accès à cette vie en Jésus – est brisé, abimé, sali, corrompu, perverti… Mais par son Esprit, le Seigneur veut réparer, restaurer, nettoyer, corriger, purifier notre cœur, pour que nous puissions gouter dès à présent à la vie abondante qu’il veut faire jaillir en nous jusque dans l’éternité. (7)

John Eldredge identifie différents moyens par lesquels ce processus s’accomplit : 1. la discipline spirituelle (le fait d’être un disciple de Jésus), 2. le counseling, 3. la guérison spirituelle et 4. le combat spirituel. (8) En général, dans les cercles évangéliques conservateurs, nous sommes habitués avec le premier et nous devenons de plus en plus à l’aise avec les deuxième et troisième. Mais le quatrième demeure un peu étranger. C’est ce que j’aimerais explorer au fil de cette série, afin que nous ayons en mains tous les outils que Dieu met à notre disposition.

L’enjeu du combat pour le croyant, c’est donc la vie abondante en Jésus. Le Seigneur nous l’offre, mais notre Ennemi veut nous voler cette plénitude et la détruire. Il nous faut souvent nous battre pour y avoir accès.

Mais il y a encore une autre dimension au combat spirituel.

Un autre enjeu?

L’an prochain, ce sera le 75e anniversaire de la fin de la 2e guerre mondiale. Il reste bien peu de vétérans qui ont combattu dans cette guerre. Et même si le Canada a participé à d’autres guerres par la suite (la Corée dans les années 50, le Golfe persique dans les années 90, l’Afghanistan dans les années 2000, etc.), ces dernières n’ont pas eu le même impact global sur la société (conscription, rationnement, etc.). Ce qui fait que bien peu de personnes, de nos jours, savent ce que signifie vraiment la guerre en matière de sacrifices et de privations.

Il y a un passage intéressant dans le livre des Juges :

« Voici quelles nations l’Éternel laissa subsister pour mettre à l’épreuve les Israélites qui n’avaient pas participé aux guerres pour la conquête de Canaan. Il voulait que les nouvelles générations d’Israélites, qui n’avaient pas connu la guerre, apprennent ce qu’est la guerre. […] Ces nations servirent à éprouver les Israélites pour savoir s’ils obéiraient aux commandements que l’Éternel avait donnés à leurs ancêtres par Moïse. » (9)

Pourquoi Dieu voulait-il que les Israélites apprennent la guerre? Pour les mettre à l’épreuve. Pour voir s’ils obéiraient, parce que la guerre révèle son allégeance et elle force à s’engager dans une cause plus grande que soi.

Le combat spirituel révèle ma véritable allégeance…

Et cela me fait penser à un autre passage : l’histoire de David et de Goliath. On la connaît bien. Un soldat philistin, un géant, met l’armée d’Israël au défi en combat singulier. Tout le monde tremble. Personne n’ose affronter le colosse, jusqu’à ce qu’un jeune berger s’avance résolument devant lui, armé seulement de sa fronde. Le Philistin se moque de lui et le maudit par ses dieux.

« À quoi David répondit : Tu marches contre moi avec l’épée, la lance et le javelot, et moi je marche contre toi au nom de l’Éternel, le Seigneur des armées célestes, le Dieu des bataillons d’Israël, que tu as insulté. Aujourd’hui même, l’Éternel me donnera la victoire sur toi, je t’abattrai, je te couperai la tête et, avant ce soir, je donnerai les cadavres des soldats philistins à manger aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages de la terre. Alors toute la terre saura qu’Israël a un Dieu. Et toute cette multitude assemblée saura que ce n’est ni par l’épée ni par la lance que l’Éternel délivre. Car l’issue de cette bataille dépend de lui, et il vous livre en notre pouvoir. » (10)

Et on sait la suite…

Le jeune David avait une confiance complète en l’Éternel. Son allégeance était entière. Dans sa tête, ce qui était en jeu dans ce défi, c’était de montrer qui était vraiment Dieu. Et pour lui, la réponse à cette question était claire dès le départ.

Ainsi pour nous aussi, ultimement, l’enjeu du combat spirituel, c’est la gloire de Dieu!

 


 

Quel est l’enjeu de votre combat?

La vie éternelle? La vie abondante? Ou la gloire de Dieu?

Père céleste,
sonde-nous et éprouve-nous;
examine notre cœur et nos pensées, (11)
et révèle notre vraie allégeance.
Seigneur Jésus,
tu as vaincu la mort à la croix
et tu as désarmé toute Autorité et tout Pouvoir :
donne-nous de vivre en ton œuvre accomplie. (12)
Esprit saint,
revêts-nous chaque jour de la force nécessaire
pour mener le bon combat de la foi,
à la gloire de Dieu.

Fraternellement en Jésus,

Éléazar, le moine belliqueux

_______________
À moins d’indications, tous les passages cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1) Livre des Proverbes, chapitre 4, verset 23.
(2) Lettre de l’apôtre Paul aux Éphésiens, chapitre 5, verset 8; et chapitre 2, verset 2 et 3.
(3) Évangile selon l’apôtre Jean, chapitre 1, versets 11 à 13.
(4) Lettre de l’apôtre Paul aux Colossiens, chapitre 1, versets 13 et 14.
(5) Dans sa première lettre, l’apôtre Jean dit : « Celui qui a le Fils a la vie. Celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. Je vous ai écrit cela, pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au Fils de Dieu » (chapitre 5, versets 12 et 13).
(6) Évangile selon l’apôtre Jean, chapitre 10, verset 10.
(7) Évangile selon l’apôtre Jean, chapitre 4, verset 14.
(8) The Four Streams – How Christ Heals Our Hearts, 2004. Livre audio, extrait du livre Waking the Dead (je pense…).
(9) Livre des Juges, chapitre 3, versets 1 et 2, et 4; gras et italique ajoutés.
(10) Premier livre de Samuel, chapitre 17, versets 45 à 47; gras et italique ajoutés.
(11) D’après le Psaume 26, verset 2.
(12) D’après la Lettre de l’apôtre Paul aux Colossiens, chapitre 2, versets 13 à 15; voir aussi la Première lettre de Paul aux Corinthiens, chapitre 15, verset 57.

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