COVID-19_-_Un châtiment de Dieu?

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COVID-19 – Le coronavirus

Un châtiment de Dieu?

Dans mon dernier billet, j’ai conclu en disant :

« Je ne crois pas que le coronavirus est un châtiment direct de Dieu sur le monde. Mais je crois certainement qu’il est une conséquence de la mauvaise gestion que nous faisons de la création de Dieu… » (italique ajouté)

En y repensant, je me suis demandé : sur quelle base puis-je me permettre d’affirmer cela? Ai-je raison de le dire?

Alors je lance ici la question : le coronavirus est-il un châtiment de Dieu sur le monde?

Je crois que la majorité parmi vous répondrait spontanément : « B’en non! Voyons! », mais quelques-uns diraient peut-être : « Mais oui! C’est sûr! »

Attention : l’opinion de la majorité ne garantit pas la vérité!

En fait, notre premier réflexe nous donne peut-être simplement un indice de notre vision du monde.

Le visible et l’invisible

L’occident a évacué Dieu de sa façon de voir et d’expliquer le monde, et s’est plutôt tourné vers la science. Selon cette vision du monde, tout ce qui est visible et mesurable est vrai et réel. Tout le reste relève de croyances et de fables. (Et notons qu’on peut voir le coronavirus au micrographe électronique [par exemple, cet article du NewScientist]; il est donc bien réel!)

J’ai grandi avec cette façon de penser. Et pour y concilier ma foi en Dieu, j’ai fait des compartiments dans ma tête : il y avait le visible et le matériel d’un côté, et l’invisible et le spirituel de l’autre. Je gardais les interactions de l’un vers l’autre au minimum, parce que j’avais trop de difficultés à expliquer rationnellement les interventions du spirituel dans le matériel. Je ne pouvais pas « voir l’invisible ».

Lors de mon séjour en Afrique, j’ai été en contact avec une autre vision du monde. Là, le visible et l’invisible cohabitent dans le quotidien. Les gens grandissent en expliquant le monde comme des interactions constantes entre le matériel et le spirituel. (Je soupçonne que c’est probablement aussi le cas en Asie et en Amérique du Sud.)

Évidemment, cette façon de voir les choses a aussi ses abus et ses perversions, par exemple toutes sortes de superstitions. Mais elle a en sa faveur le fait d’être plus sensible à l’invisible. En tout cas, personnellement, c’est ce dont j’ai besoin pour contrebalancer mon rationalisme.

En quoi cela a-t-il un rapport avec la question qui nous intéresse? Simplement ceci : si nous croyons que Dieu est Créateur du monde — autant du visible que de l’invisible, du matériel que du spirituel — et qu’il est Souverain sur toutes choses, il faut accepter le fait qu’il a l’autorité d’y intervenir à sa guise, autant dans le matériel que dans le spirituel. Il est donc possible que le coronavirus soit un châtiment de Dieu.

Maintenant, essayons d’aller un peu plus loin sur la question en comparant notre situation actuelle à un exemple de la Bible…

Le roi David et le recensement d’Israël

Un épisode survenu à la fin du règne du roi David me semble pertinent à la discussion. Il y a beaucoup de choses qui m’échappent dans cet événement, néanmoins voici ce que j’en retiens…

Vers la fin de sa vie, le roi David a ordonné de faire le recensement du peuple d’Israël. La chose n’a pas plu à Dieu qui a décidé de le punir : le prophète Gad a été envoyé vers le roi avec un message de la part du Seigneur…

« Gad se rendit donc chez David et lui communiqua le message; il lui dit : Que veux-tu que je fasse venir contre toi : sept années de famine dans ton pays, trois mois de déroute devant tes ennemis qui s’acharneront contre toi, ou trois jours de peste dans ton pays ? Réfléchis donc et décide, puis dis-moi ce que je dois répondre à celui qui m’envoie.

« David répondit à Gad : Je suis dans un grand désarroi. Oh! tombons plutôt entre les mains de l’Éternel, car ses compassions sont grandes; mais que je ne tombe pas entre les mains des hommes.

« L’Éternel fit donc sévir une épidémie de peste en Israël, depuis ce matin-là jusqu’au terme fixé. Elle sévit de Dan à Beer-Sheva, et fit périr soixante-dix mille personnes. L’ange allait étendre sa main sur Jérusalem pour la dévaster, mais l’Éternel ne voulut pas ce malheur et y renonça. Il ordonna à l’ange qui était en train de décimer le peuple : Cela suffit maintenant! Retire ta main!

« L’ange de l’Éternel se tenait alors près de l’aire d’Orna, le Yebousien, entre ciel et terre, son épée dégainée à la main. En voyant l’ange qui frappait le peuple, David pria en disant : Voici : c’est moi seul qui ai péché, c’est moi, le berger, qui ai commis une faute, mais ce pauvre troupeau, qu’a-t-il fait de mal? Frappe-moi donc plutôt, ainsi que ma famille. » (1)

Quelques observations :

  • Les trois châtiments mis devant David — famine, défaite devant l’ennemi ou peste — sont des phénomènes « ordinaires » dans le monde visible, dans le sens qu’ils ne font pas intervenir, de prime abord, d’éléments surnaturels et qu’ils étaient relativement courants à l’époque. (2)
  • Néanmoins, le châtiment choisi — la peste — est ici mis en œuvre par l’ange de l’Éternel, un personnage « surnaturel » qui agit dans le monde invisible avec des répercussions très concrètes dans le monde visible.
  • De plus, l’échéance de trois jours est certainement surnaturelle : quiconque s’y connaît un peu en épidémiologie sera d’accord pour dire qu’une épidémie ne s’arrête pas d’elle-même après trois jours, au plus fort de sa propagation. (Nous n’avons qu’à penser à « la courbe » de propagation de la COVID-19 et aux statistiques que la Santé publique communique à la population chaque jour depuis plusieurs semaines.)

Que devons-nous en conclure quant à notre question? D’un côté, nous voyons que la propagation du coronavirus suit une progression « naturelle » : même si elle est fulgurante dans certains pays, on ne parle pas de 70 000 morts en trois jours, suivi d’un arrêt complet.

D’un autre côté, nous devons reconnaître que la maladie — que ce soit la « peste » ou le coronavirus — est une des façons que Dieu utilise pour châtier son peuple selon la Bible.

Cependant, dans la situation que nous vivons, le coronavirus n’affecte pas seulement le « peuple de Dieu », peu importe comment on le définit. Il n’y a certainement pas de statistiques sur cela — ce ne serait pas « politiquement correct » — mais je doute que les Juifs ou les chrétiens soient les seuls affectés par cette maladie, ou à l’opposé en soient les seuls exempts.

De plus, il faut noter que l’histoire biblique que nous considérons s’inscrivait dans le plan que Dieu avait pour susciter le Messie. Nous sommes maintenant dans une « économie spirituelle » différente. Ce qui nous amène à parler de…

L’œuvre rédemptrice du Seigneur Jésus-Christ

Nous venons tout juste de célébrer la fête de Pâques, c’est-à-dire la résurrection du Seigneur Jésus après être mort sur la croix à cause du péché du monde. Qu’est-ce que cela change à notre question?

Eh bien, nous croyons que notre désobéissance met Dieu en colère. (3) L’apôtre Paul, en effet, a écrit :

« Nous aussi, nous faisions autrefois tous partie de ces hommes. Nous vivions selon nos désirs d’hommes livrés à eux-mêmes et nous accomplissions tout ce que notre corps et notre esprit nous poussaient à faire. Aussi étions-nous, par nature, destinés à subir la colère de Dieu comme le reste des hommes. » (4)

Mais le Seigneur Jésus s’est chargé de nos péchés et a subi la colère de Dieu à notre place en mourant sur la croix, lui un juste, pour nous des pécheurs.

« Mais c’est pour nos péchés qu’il a été percé, c’est pour nos fautes qu’il a été brisé. Le châtiment qui nous donne la paix est retombé sur lui et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. »

« Celui qui était innocent de tout péché, Dieu l’a condamné comme un pécheur à notre place pour que, dans l’union avec le Christ, nous soyons justes aux yeux de Dieu. »

« Il a pris nos péchés sur lui et les a portés dans son corps, sur la croix, afin qu’étant morts pour le péché, nous menions une vie juste. Oui, c’est par ses blessures que vous avez été guéris. » (5)

Ceux et celles qui croient en Jésus-Christ et en l’œuvre qu’il a accomplie ne sont donc plus sous le coup de la colère de Dieu. Le Seigneur Jésus leur a donné sa justice.

« Dieu déclare les hommes justes par leur foi en Jésus-Christ, et cela s’applique à tous ceux qui croient, car il n’y a pas de différence entre les hommes. Tous ont péché, en effet, et sont privés de la glorieuse présence de Dieu, et ils sont déclarés justes par sa grâce; c’est un don que Dieu leur fait par le moyen de la délivrance apportée par Jésus-Christ. » (6)

Ainsi, le coronavirus n’est pas un châtiment de Dieu pour punir son peuple, car son peuple — ceux et celles qui croient en Jésus, l’Église — n’a plus à subir sa colère.

Cependant, la colère de Dieu demeure pour certains et certaines…

« Le Père aime le Fils et lui a donné pleins pouvoirs sur toutes choses. Qui place sa confiance dans le Fils possède la vie éternelle. Qui ne met pas sa confiance dans le Fils ne connaît pas la vie ; il reste sous le coup de la colère de Dieu. » (7)

Et du coup, cela nous pousse à nous poser une autre question au sujet de la COVID-19 : comment cadre-t-elle dans notre eschatologie, dans notre connaissance de la fin des temps? Mais cela relève d’un autre billet…

 


 

Je reconnais que je n’ai pas fait une étude exhaustive de la question. Mon texte montre simplement l’état de ma réflexion… où j’en suis rendu. Néanmoins, je crois que je peux me permettre d’assumer avec conviction ma déclaration initiale : le coronavirus n’est pas un châtiment direct de Dieu sur le monde.

Certains diront peut-être que c’est une déclaration polie et diplomatique. Trop polie?

Peut-être.

En tout cas, faute d’être prophète, je vais continuer de réfléchir à la situation.

Fraternellement,

Éléazar, le moine belliqueux

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Tous les passages bibliques cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).
(1) Deuxième livre de Samuel, chapitre 24, versets 13 à 17. Si vous voulez lire l’ensemble du passage, cliquez ici pour 2 Samuel 24 ou ici pour le passage parallèle de 1 Chroniques 21.
(2) D’autre part, « famine, épée et peste » sont devenues par la suite une phrase clé pour les prophètes. Par exemple, Livre du prophète Jérémie, chapitre 14, verset 12; chapitre 15, verset 2; Livre du prophète Ézéchiel, chapitre 5, verset 12; chapitre 6, verset 12.
(3) Voir, par exemple, la Lettre de l’apôtre Paul aux Colossiens, chapitre 3, versets 5 et 6.
(4) Lettre de l’apôtre Paul aux Éphésiens, chapitre 2, verset 3.
(5) Respectivement, Livre du prophète Ésaïe, chapitre 53, verset 5; Deuxième lettre de l’apôtre Paul aux Corinthiens, chapitre 5, verset 21; et Première lettre de l’apôtre Pierre, chapitre 2, verset 24.
(6) Lettre de l’apôtre Paul aux Romains, chapitre 3, versets 22 à 24.
(7) Évangile selon l’apôtre Jean, chapitre 3, versets 35 et 36.

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