Au nord de la ligne des couleurs

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Collection Images du Canada, du CN. Porteurs du train royal.
De gauche à droite : CNR R. Coker, CPR W.L. Holmes, CPR E.D.J. Bartholemew,
CNR W.T. Fraser, CNR C.B. States, CP C.D. Frazier. 1951.
Ingenium Digital Archives – X-35489.

Calendrier liturgique — Réconciliation raciale

Bibliographie — Au nord de la ligne des couleurs

North of the Color Line—Migration and Black Resistance in Canada, 1870–1955, de Sarah-Jane Mathieu. (Chapel Hill, Caroline du Nord : The University of North Carolina Press, 2010.) 296 pages. (Version électronique sur Amazon.ca)

J’avoue que je n’ai pas lu ce livre intégralement ou systématiquement du début à la fin. L’auteure donne beaucoup d’exemples détaillés et à la longue, je m’y perds un peu. De plus, j’ai dû faire quelques recherches en parallèle pour fixer le cadre historique dans ma tête. Finalement, je n’ai pas eu le temps de digérer toutes les informations.

J’ai donc décidé de présenter ce que je retiens de ma lecture et des recherches qu’elle a suscitées sous la forme d’une sorte de « collage chronologique » de citations. Les extraits du livre de Mathieu sont précédés du titre du chapitre qu’ils sont tirés.

 


 

« À l’origine, l’expression colour line était utilisée comme une référence à la ségrégation raciale qui existait aux États-Unis après l’abolition de l’esclavage. Un article de Frederick Douglass intitulé “The Color Line” a été publié dans le North American Review en 1881. L’expression a gagné en popularité après que W. E. B. Du Bois en a fait un usage répété dans son livre The Souls of Black Folk. » (1)

1833 — Abolition de l’esclavage dans les colonies britanniques.

« La législation fait du Canada une terre de liberté pour les esclaves noirs américains. C’est ainsi que l’image du Canada comme refuge sûr naît et que des milliers de personnes noires, libres ou fugitives, arrivent en sol canadien entre 1834 et le début des années 1860. » (2)

1861 à 1865 — Guerre de Sécession aux États-Unis.

« Plusieurs facteurs sont à l’origine de la guerre, mais le principal est l’esclavage. La Déclaration d’indépendance américaine de 1776 proclame que tous les hommes ont été créés égaux, mais la Constitution de 1787 assure la perpétuation de l’esclavage, soit la propriété privée d’êtres humains et leur travail forcé. L’économie des États du Nord repose avant tout sur de petites fermes et des villes en croissance qui n’ont pas besoin de main-d’œuvre servile, et c’est pourquoi beaucoup d’entre eux abolissent graduellement l’esclavage. Les États du Sud, toutefois, comportent de grandes plantations de coton dont la cueillette est effectuée par des esclaves. Pour ces États, l’esclavage n’est pas seulement un problème moral, mais une nécessité économique. » (3)

1867 — Création du Dominion du Canada (Confédération), lequel comprenait à l’époque la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Québec et l’Ontario. Les autres provinces et les territoires y ont adhéré par la suite : le Manitoba et les Territoires du Nord-Ouest en 1870; la Colombie-Britannique en 1871; l’Ile-du-Prince-Edward en 1873; le Yukon en 1898; l’Alberta et la Saskatchewan en 1905; Terre-Neuve-et-Labrador en 1949; le Nunavut a été créé en 1999. (4)

1896 à 1911 — Sir Wilfrid Laurier, chef du Parti libéral du Canada, est premier ministre.

« C’est en 1903 […] qu’il fait connaître la politique la plus importante de son deuxième mandat : la construction par le gouvernement d’un deuxième chemin de fer transcontinental. » (5)

Introduction – La naissance d’une nation : race, empire et nationalisme durant l’âge canadien du chemin de fer. « En vérité, la vie des Noirs au Canada a toujours été inextricablement liée au chemin de fer. Les hommes afro-canadiens ont d’abord trouvé du travail en en posant les rails; plus tard, ils ont traversé le pays dans des voitures-lits […] Ce projet examine comment la vie sur la voie ferrée a façonné et défini l’expérience des Noirs au Canada depuis le 19e siècle, avec les rails servant comme un instrument pour des avancées sociales et politiques incroyables. Par le fait même, les rails sont aussi devenus le site d’un conflit très racialisé, où les passagers blancs demandaient un portrait archaïque du fait d’être noir, où les syndicalistes blancs regardaient les ouvriers noirs de la voie ferrée avec méfiance et parfois hostilité ouverte, et où les patrons blancs protégeaient leurs profits en exploitant les ouvriers noirs. À la fin du 19e siècle, les dirigeants syndicaux, les administrateurs de chemin de fer et les Canadiens blancs se sont systématiquement ralliés derrière un discours racial et ont appuyé les efforts les uns des autres en codifiant de claires démarcations — qu’elles soient sociales, politiques ou économiques — entre les Canadiens blancs et noirs. Malgré leur insistance à dire le contraire, ils avaient développé une ligne canadienne des couleurs bien distincte au début du 20e siècle, laquelle partageait des similarités importantes avec celle qui se formait aux États-Unis. » (6)

1906 — Acte de l’immigration.

« Même si la loi ne limitait pas spécifiquement l’immigration sur la base de leur culture, de leur origine ethnique ou de leur nationalité, elle stipulait que le gouverneur en conseil (soit le cabinet fédéral) pouvait refouler n’importe quelle catégorie d’immigrants lorsque jugé nécessaire ou opportun. […] Le cadre interprétatif flou de ces dispositions confiait au gouvernement des pouvoirs discrétionnaires absolus permettant de restreindre le flux d’immigrants selon les idéologies dominantes à l’égard de la race, de la désirabilité et de l’assimilation. » (7)

Chapitre 1 — Tracer la ligne : race et politique canadienne d’immigration. « La fin de la politique de reconstruction et la montée de la suprématie blanche dans le Sud américain, spécialement en Oklahoma, ont forcé des millions d’Afro-Américains à quitter leur patrie. Plusieurs se tournaient vers le Canada à cause de son héritage abolitionniste et son généreux programme d’établissement agricole. Des immigrants afro-américains du Sud sont venus au Canada espérant une deuxième chance de politique de reconstruction et de citoyenneté basée sur l’équité. Habitués à une résistance des blancs et à une rhétorique racialisée mais déterminés à ne pas laisser cela limiter leur nouvelle citoyenneté, les immigrants afro-américains du Sud ont demandé des droits civiques impartiaux de leur nouveau gouvernement canadien et étaient décidés à ne pas reculer tant qu’ils ne les recevraient pas. » (8)

« Une loi Jim Crow, dans l’histoire américaine, désigne n’importe laquelle des lois qui imposaient une ségrégation raciale dans le Sud entre la fin de la reconstruction en 1877 et le début du mouvement des droits civiques dans les années 50. Jim Crow était le nom d’un numéro d’un spectacle ambulant […] interprété à partir de 1828 par son auteur, Thomas Dartmouth (“Daddy”) Rice, puis par plusieurs imitateurs, incluant l’acteur Joseph Jefferson. Le terme devient une épithète dégradante pour les Afro-Américains et une désignation de leur vie ségréguée. » (9)

Chapitre 2 — Jim Crow est à bord de ce train : ségrégation dans la main-d’œuvre canadienne. « La Grande Guerre a servi de catalyseur pour le soulèvement des Noirs, spécialement parmi les porteurs de voitures-lits. Encouragés par leur syndicat et avec bien peu de choses encore à perdre, ayant été témoins de l’intrusion lente de l’idéologie Jim Crow dans le système gouvernemental fédéral, les politiques d’emploi et le syndicalisme de commerce, les porteurs de voitures-lits au Canada sont devenus les principaux avocats politiques de leurs communautés. Avec le clergé et la presse noire, les cheminots noirs ont protesté contre les violations des droits civiques des Afro-Canadiens, particulièrement quand Jim Crow a établi des limites à leur citoyenneté.
« Ainsi, la période entre 1880 et la Première Guerre mondiale était prometteuse pour les ouvriers noirs de la voie ferrée au Canada. […] Ils ont tôt appris, toutefois, que leur bienvenue sur les rails était temporaire. » (10)

1911 à 1920 — Sir Robert Laird Borden, chef du Parti conservateur du Canada, est premier ministre.

1914 à 1918 — Première Guerre mondiale.

« La Première Guerre mondiale (1914-1918) est le conflit le plus sanglant de l’histoire canadienne. Au cours de celle-ci, près de 61 000 Canadiens périssent. » (11)

« Un des défis auxquels doit faire face Borden est l’effondrement du système de recrutement des volontaires. À la fin de 1916, le recrutement n’est pas suffisant pour compenser les pertes subies au front. Au printemps 1917, il acquiert la conviction qu’il est nécessaire d’instaurer un service militaire obligatoire. » (12)

Chapitre 3 — Combattre l’empire : race, guerre et mobilisation. « La Première Guerre mondiale a radicalement transformé la vie des Afro-Canadiens. La première guerre industrialisée du monde a aussi donné lieu à des dissensions sans précédent au Canada. Les Canadiens blancs et leur gouvernement sont allés à la guerre en défendant une société divisée racialement, soigneusement conçue au fil de plusieurs décades. Les Canadiens noirs y sont allés en combattant Jim Crow, tout comme ils avaient fait durant les années qui ont mené à la guerre. En 1914, les Afro-Canadiens voulaient se battre pour sauver un empire britannique en péril, mais ils ont découvert avant la fin de la guerre que c’étaient eux qui se défendaient contre les attaques bestiales de leurs compagnons de service blancs. Les Canadiens blancs et leur gouvernement ont persisté à nier que les soldats mécontents avaient en fait racialisé leur mécontentement. L’administration Borden a doublé ses torts d’un affront en désavouant la contribution des soldats canadiens noirs, après avoir passé des années à d’abord décourager leur enrôlement.
« Les Canadiens noirs sont allés à la Première Guerre mondiale déterminés à prouver aux Canadiens blancs qu’ils étaient des citoyens importants, dignes de tous les privilèges de la citoyenneté. Ils sont revenus de la Grande Guerre en le croyant pour eux-mêmes. Ils ont passé les décades suivantes en demandant sans remords leurs droits de ces Canadiens blancs qui étaient les plus opposés à une citoyenneté égale. » (13)

1919 — Grève générale de Winnipeg

« La grève générale de Winnipeg de 1919 a été la plus importante grève de l’histoire du Canada. Entre le 15 mai et le 25 juin 1919, plus de 30 000 travailleurs ont cessé le travail. Les usines, les ateliers, le transport en commun et les services de la Ville ont été paralysés. La grève a entraîné des arrestations, des blessures et la mort de deux manifestants. Elle n’a amené aucune amélioration immédiate du sort des ouvriers et des conditions de travail, mais elle a renforcé l’unité de la classe ouvrière canadienne. » (14)

Chapitre 4 — Bâtir un empire, élever une race : race, élévation et alliances transnationales. « Les années entre les deux guerres se sont avérées éprouvantes pour les gens de couleurs au Canada, comme en témoigne un Afro-Canadien avec sa description de la Nouvelle-Écosse comme étant le “petit Mississippi”. Dans plusieurs parties du Canada, les Afro-Canadiens ont découvert que s’ils voulaient une bière froide, un repas chaud ou une chambre propre, les pancartes “Blancs seulement” leur rappelaient leur place. Malgré leur soutien déclaré aux ouvriers durant la Grève générale de Winnipeg et la création de leur propre syndicat, l’Ordre des porteurs de voitures-lits, les ouvriers noirs ont passé la première moitié du 20e siècle assiégés autant par les cadres du chemin de fer que par les syndicalistes blancs. Campagnes de privation de droits, déportation d’immigrants noirs, ségrégation dans les lieux publics et quarantaine dans des “villages de nègres” (sic) démontrent que quelques Canadiens blancs avaient les mêmes préoccupations que les sudistes blancs tourmentés par leur propre population noire insidieuse. » (15)

La crise des années 1930.

« La crise économique des années 1930 est un choc économique et social aux répercussions mondiales. Peu de pays sont frappés aussi durement que le Canada. En effet, des millions de Canadiens se retrouvent sans emploi, sans abris et dans le besoin. » (16)

1939 à 1945 — Deuxième Guerre mondiale.

« La Deuxième Guerre mondiale est l’un des événements les plus marquants de l’histoire canadienne. Le Canada a joué un rôle indispensable dans la bataille de l’Atlantique et a fourni des effectifs à la campagne de l’Europe de l’Ouest au-delà de ce qui pouvait être attendu d’une petite nation qui ne comptait que 11 millions d’habitants à l’époque. » (17)

Chapitre 5 — Liens d’acier : dépression, guerre et fraternité internationale. « La période d’après-guerre a amené une saison de changements importants en Amérique du Nord. Aux États-Unis, les Afro-Américains et leurs alliés se sont rassemblés autour des causes de droits civiques, alors qu’au Canada, les activistes ont concentré leur attention sur les droits de l’homme et sur la reformulation de la place de la nation dans le Commonwealth britannique. Dans chaque arène, les porteurs de voitures-lits ont alimenté l’esprit de réforme, amenant à leur campagne politique respective ce qu’ils avaient d’abord appris sur les chemins de fer. Les années 50 ont aussi été une décade dans laquelle les gens de couleurs — au Canada et autour du monde — ont tenu leurs pays face à leurs propres idéaux démocratiques, et particulièrement face à leur rhétorique d’égalité. […]
« Pour les Noirs au Canada, les années 50 ont représenté un important changement de garde. La première caste d’activistes afro-canadiens, le plus notable parmi eux étant John A. Robinson et sa bande de frères des rails, s’est battue pour le droit d’être entendus, pour une place dans la Chambre canadienne du travail, pour le droit de défendre leur pays et pour un accès juste au plein éventail de privilèges de la citoyenneté donnés aux Canadiens. » (18)

 


 

Et après?…

J’étais naïf face à l’histoire du Canada. À cause de l’image de tolérance que nous nous donnons de nos jours, je m’imaginais que tous les Canadiens avaient toujours été gentils pour tout le monde. Au fond, je savais que ce n’était pas le cas, mais j’essayais quand même de mettre une certaine distance entre moi et les tristes événements qui sont arrivés au fil des siècles. Le livre de Sarah-Jane Mathieu m’a donné une bonne dose de réalisme.

Que faire maintenant?…

En tant qu’individu, j’ai un travail d’introspection à faire. Je ne crois pas être raciste, mais j’ai certainement des réactions racistes à l’occasion, du moins intérieurement. Je dois probablement reprogrammer mon cerveau à certains égards. Laisser l’Esprit de Dieu renouveler ma pensée, « pour pouvoir discerner la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui lui plait, ce qui est parfait ». (19)

Et en tant que Canadien blanc, c’est-à-dire héritier de cette histoire dont j’ai parlée, je crois avoir aussi une certaine responsabilité. En fait, cela me fait penser à Néhémie qui, après avoir eu des nouvelles de l’état de la ville de Jérusalem, a prié Dieu en disant : « Nous avons péché contre toi. Oui, moi et mon peuple, nous avons péché. » (20)

Oui, moi et mon peuple, nous avons péché… Nous devons prendre notre part de responsabilité, face à Dieu, oui, mais aussi face aux diverses communautés de couleurs, pour les abus qu’ils ont subis au fil des années dans notre pays.

Ainsi, pour ma part, je vous demande pardon, à vous Canadiens de descendance africaine ou caribéenne. Pardon pour le mépris, les mensonges, les doubles standards, pour tous les abus que vos ancêtres ont subis dans ce pays et que, malheureusement, vous subissez encore de nos jours. Que l’Éternel accomplisse, par son Esprit, une œuvre de véritable réconciliation dans nos cœurs à tous, pour que nous puissions jouir tous ensemble de ce pays qui est le nôtre.

Fraternellement en Jésus,

 

Éléazar, le moine belliqueux
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Tous les passages bibliques cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1) « The term colour line was originally used as a reference to the racial segregation that existed in the United States after the abolition of slavery. An article by Frederick Douglass that was titled ‘The Color Line’ was published in the North American Review in 1881. The phrase gained fame after W. E. B. Du Bois’ repeated use of it in his book The Souls of Black Folk. » Color Line (racism) — Wikipedia. Article modifié pour la dernière fois le 8 février 2021. Wikipedia—The Free Encyclopedia. Page consultée le 16 février 2021. Ma traduction.
(2) Abolition de l’esclavage, loi de 1833 — L’Encyclopédie canadienne. Article écrit par Natasha L. Henry; publié en ligne le 14 juillet 2014; modifié pour la dernière fois le 29 janvier 2015. L’Encyclopédie canadienne, 2021. Historica Canada. Page consultée le 14 février 2021.
(3) La guerre de Sécession et le Canada – L’Encyclopédie canadienne. Article écrit par John Boyko; publié en ligne le 6 février 2006; modifié pour la dernière fois le 13 juin 2020. L’Encyclopédie canadienne, 2021. Historica Canada. Page consultée le 14 février 2021.
(4) Confédération – L’Encyclopédie canadienne. Article écrit par P.B. Wait; mis à jour par Richard Foot, Michelle Filice, Andrew McIntosh; publié en ligne le 22 septembre 2013; modifié pour la dernière fois le 29 octobre 2019. L’Encyclopédie canadienne, 2021. Historica Canada. Page consultée le 14 février 2021.
(5) Sir Wilfrid Laurier – L’Encyclopédie canadienne. Article écrit par Réal Bélanger; mis à jour par Tabitha Marshall et Andrew McIntosh; publié en ligne le 18 juillet 2012; modifié pour la dernière fois le 5 février 2021. L’Encyclopédie canadienne, 2021. Historica Canada. Page consultée le 14 février 2021.
(6) « In truth, black life in Canada has always been inextricably linked to the railroads. African Canadian men first found work laying down tracks; they later cut across the country in sleeping cars much like the ones causing a sensation in Winnipeg that Canada Day in 1886. This project examines how railway life shaped and defined the black experience in Canada since the nineteenth century, with the railroads serving as an instrument for tremendous social and political advancement. By the same token, the rails also became the site of much racialized conflict, where white passengers demanded antiquated depictions of blackness, where white union men eyed black railroaders with suspicion and at times outright hostility, and where white bosses hedged their profits on exploiting black railwaymen. As of the late nineteenth century, union leaders, railway managers, and white Canadians systematically rallied around the discourse of race and supported each other’s efforts at codifying clear demarcations—whether social, political, or economic—between black and white Canadians. Despite their insistence to the contrary, they developed a distinct Canadian colour line by the twentieth century that shared important similarities with the one taking shape in the United States. » Mathieu, op. cit., pages 5 et 6. Ma traduction.
(7) Acte de l’immigration, 1906 — Pier 21. Article écrit par Lindsay Van Dyk. Musée canadien de l’immigration du Quai 21, 2020. Page consultée le 15 février 2021.
(8) « The demise of Reconstruction politics and the rise of white supremacy in the American South, especially in Oklahoma, forced millions of African Americans out of their homeland. Many looked to Canada because of its abolitionist legacy and generous homesteading program. Southern African American immigrants came to the Dominion of Canada hoping for a second chance at Reconstruction politics and citizenship based on fair play. Instead, they encountered white Canadians enraptured with white supremacist ideals of their own. Accustomed to white resistance and racialized rhetoric yet determined not to have it limit their new citizenship, southern African American immigrants demanded evenhanded civil rights from their new Canadian government and would not back down until they received it. » Mathieu, op. cit., page 59. Ma traduction.
(9) « Jim Crow law, in U.S. history, any of the laws that enforced racial segregation in the South between the end of Reconstruction in 1877 and the beginning of the civil rights movement in the 1950s. Jim Crow was the name of a minstrel routine (actually Jump Jim Crow) performed beginning in 1828 by its author, Thomas Dartmouth (‘Daddy’) Rice, and by many imitators, including actor Joseph Jefferson. The term came to be a derogatory epithet for African Americans and a designation for their segregated life. » Jim Crow law—History, Facts, & Examples—Britannica. Article écrit par Melvin I. Urofsky; publié en ligne le 20 juillet 1998; modifié pour la dernière fois le 12 février 2021. Britannica. Page consultée le 15 février 2021. Ma traduction.
(10) « The Great War served as a catalyst for black insurgency, especially among sleeping car porters. Emboldened by their union and with little else to lose having witnessed the slow encroachment of Jim Crow ideology in the federal bureaucracy, employment policy, and trade unionism, sleeping car porters in Canada became the chief political advocates for their communities. Together with the clergy and black press, black railwaymen protested violations of African Canadians’ civil rights, particularly when Jim Crow fixed limitations on their citizenship.
‘Thus, the period between 1880 and World War I held great promise for black railroaders in Canada. […] Black railroaders in Canada soon learned, however, that their welcome on the rails was provisional.” Mathieu, op. cit., page 98. Ma traduction.
(11) Première Guerre mondiale – L’Encyclopédie canadienne. Article écrit par Desmond Morton; mis à jour par Tabitha Marshall, Richard Foot et David Gallant; publié en ligne le 5 aout 2013; modifié pour la dernière fois le 28 mars 2020. L’Encyclopédie canadienne, 2021. Historica Canada. Page consultée le 20 février 2021.
(12) Sir Robert Borden – L’Encyclopédie canadienne. Article écrit par Robert Craig Brown; mis à jour par Tabitha Marshall; publié en ligne le 21 février 2008; modifié pour la dernière fois le 21 avril 2015. L’Encyclopédie canadienne, 2021. Historica Canada. Page consultée le 20 février 2021.
(13) « World War I radically transformed African Canadians’ lives. The world’s first industrialized war also gave way to unprecedented strife in Canada. White Canadians and their government went into the war defending a racially divided society carefully crafted over the course of several decades. Black Canadians marched into the Great War fighting Jim Crow, just as they had done in years leading up to the war. In 1914, African Canadians wanted to fight to save an imperiled British Empire but found by war’s end that they were the ones fighting off brutish attacks from fellow white servicemen. White Canadians and their government persistently denied that disgruntled soldiers had in fact racialized their discontent. The Borden administration added insult to injury by disavowing black Canadian soldiers’ contributions after spending years discouraging black enlistment in the first place.
“Black Canadians walked into World War I determined to prove to white Canadians that they were meaningful citizens worthy of the full rewards of citizenship. They returned from the Great War believing it for themselves. They spent the next decades unrepentantly demanding their rights from those white Canadians most opposed to equal citizenship.” Mathieu, op. cit., pages 140 et 141. Ma traduction.
(14) Gréve générale de Winnipeg, 1919 – L’Encyclopédie canadienne. Article écrit par J. Nolan Reilly; mis à jour par Julia Skikavich et Nathan Baker; publié en ligne le 7 février 2006; modifié pour la dernière fois le 7 juillet 2020. L’Encyclopédie canadienne, 2021. Historica Canada. Page consultée le 27 février 2021.
(15) « The interwar years proved a taxing time for people of colours in Canada, as evidenced by one African Canadian’s insightful description of Nova Scotia as “Little Mississippi.” In many parts of Canada, African Canadians discovered that if they wanted a cold beer, a hot meal, or a clean room, white-only trade signs reminded them of their place. Despite affirming their support for labor during the Winnipeg General Strike and creating a union of their own, the Order of Sleeping Car Porters, black workers spent the first half of the twentieth century under siege by railway executives and white trade unionists alike. Campaigns for disfranchisement, deportation of black immigrants, segregated public spaces, and quarantine in “Nigger Towns” demonstrate that some white Canadians were weighing the same concerns as white southerners tormented by their own insurgent black citizenry.’ Mathieu, op. cit., page 183. Ma traduction.
(16) La crise des années 1930 au Canada – L’Encyclopédie canadienne. Article rédigé par James Struthers; mis à jour par Richard Foot; publié en ligne le 11 juillet 2013; modifié pour la dernière fois le 16 avril 2020. L’Encyclopédie canadienne, 2021. Historica Canada. Page consultée le 27 février 2021.
(17) Deuxième Guerre mondiale – L’Encyclopédie canadienne. Chronologie des événements. L’Encyclopédie canadienne, 2021. Historica Canada. Page consultée le 27 février 2021.
(18) ‘The postwar era brought a season of major changes in North America. In the United States, African Americans and their allies rallied around civil rights causes, while in Canada, activists focused their attention on human rights and reformulating the nation’s place in the British Commonwealth. In each arena, sleeping car porters fuelled the spirit of reform, bringing to their respective political campaigns what they had learned first on the railroads. The 1950s were also a decade in which people of colours—in Canada and around the world—held their countries up to their own democratic ideals, and in particular to the rhetoric of equality. […]
“For blacks in Canada, the 1950s represented an important changing of the guards. The first caste of African Canadians activists, the most notable among them John A. Robinson and his band of brothers on the rails, fought for the right to be heard, for a place in the Canadian house of labor, for the right to defend their country, and for fair access to the full range of citizenship privileges afforded to Canadians.” Mathieu, op. cit., page 215. Ma traduction.
(19) Voir la Lettre de l’apôtre Paul aux Romains, chapitre 12, verset 2.
(20) Voir le Livre de Néhémie, chapitre 1; plus particulièrement, la fin du verset 6.

 

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