Aimez vos ennemis

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Calendrier liturgique – Dimanche de l’Église persécutée

Aimez vos ennemis…

Le Seigneur Jésus a dit :

« Vous avez appris qu’il a été dit : “Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.” Eh bien, moi je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. Ainsi vous vous comporterez vraiment comme des enfants de votre Père céleste, car lui, il fait luire son soleil sur les méchants aussi bien que sur les bons, et il accorde sa pluie à ceux qui sont justes comme aux injustes.
“Si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, allez-vous prétendre à une récompense pour cela? Les collecteurs d’impôts eux-mêmes n’en font-ils pas autant? Si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire? Les païens n’agissent-ils pas de même? Votre Père céleste est parfait. Soyez donc parfaits comme lui.” (1)

 


 

Cette année, pour le dimanche de l’Église persécutée, organisé annuellement par Portes ouvertes – France, on propose le thème Aimez vos ennemis.

Aimer mes ennemis…

Des ennemis, je ne crois pas en avoir. Je ne subis aucune intimidation à cause de ma foi. Je suis de nature conciliante. Je n’aime pas la confrontation ouverte, je la fuis. Je préfère encaisser une injustice pour garder la paix. Mais entendons-nous : les injustices que j’endure, c’est bien peu! C’est me faire couper en voiture sur l’autoroute, me faire refuser un remboursement au magasin, et quoi encore… Et quand je dis encaisser, c’est un beau mot qui paraît bien, mais à l’intérieur, je grogne.

Aimer mes ennemis…

C’est une chose d’aimer mon prochain comme moi-même (2), même quand ce prochain est “Samaritain” (3), mais c’en est une autre d’aimer mon ennemi. Avec aimer mon prochain, je suis en position de force, ou du moins d’égal à égal. Je suis invité à descendre de mon piédestal, à faire preuve de condescendance. Avec aimer mon ennemi, les rôles sont potentiellement inversés : c’est moi qui suis peut-être dans la minorité, en position de faiblesse, sans recours. C’est moi qui subis l’intimidation et la pression.

Et si j’avais à vivre ma foi dans ces conditions?

Par exemple, si j’étais en Corée du Nord (4), je devrais croire en secret. Je devrais me méfier de mes voisins, et même des gens de ma propre famille, de crainte d’être dénoncé au gouvernement. Je serais considéré comme une “menace” par le Régime. Je risquerais d’être arrêté et envoyé dans un camp ou exécuté. Comment aimer ce voisin dans ces conditions?

De même si j’étais en Afghanistan (5), où la loyauté à la famille, au clan et à la tribu est primordiale. Là-bas, si je disais ouvertement croire en Jésus, je subirais d’énormes pressions sociales pour revenir à l’islam. Je serais peut-être envoyé dans un hôpital psychiatrique et je risquerais d’être tué par les membres de ma propre famille pour restaurer l’honneur. Comment aimer son prochain dans ces conditions?

Et je pourrais encore parler de la Somalie, du Soudan, du Pakistan et de bien d’autres pays… (6)

Aimer mes ennemis…

J’avoue qu’aujourd’hui, j’ai beaucoup de difficultés à vraiment saisir ce que cela implique. Un jour, ce sera peut-être différent. Mais pour le moment, je veux prier pour mes frères et sœurs à travers le monde qui, eux et elles, subissent la pression et l’intimidation à cause de leur foi.

 


 

Père céleste,
tu vois mes frères et sœurs à travers le monde,
ceux et celles qui souffrent pour leur foi en toi.
S’il te plait, entoure-les de ta grâce,
donne-leur du courage,
affermis leur foi
et remplis-les de ton amour,
afin qu’ils puissent eux-mêmes et elles-mêmes
aimer ceux et celles qui les persécutent
et qui les font souffrir.
Quant à moi, Père céleste,
donne-moi ta compassion pour tous,
pour mes frères et sœurs dans la foi
autant que pour ceux et celles qui te rejettent.
Je veux être parfait
comme toi, tu es parfait.

Fraternellement en Jésus,

Éléazar, le moine belliqueux
_______________
Tous les passages bibliques cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1) Évangile selon Matthieu, chapitre 5, versets 43 à 48.
(2) Voir l’Évangile selon Matthieu, chapitre 22, versets 34 à 40.
(3) Voir l’Évangile selon Luc, chapitre 10, versets 25 à 37. Pour un Juif, un Samaritain était un paria, un “faux Juif”, quelqu’un avec qui on ne devait avoir aucun rapport.
(4) Premier pays sur l’Index mondial de persécution des chrétiens 2018 (IMP 2018). Portes ouvertes – France.
(5) Deuxième pays sur l’IMP 2018.
(6) Respectivement troisième, quatrième et cinquième sur l’IMP 2018.

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