Action de grâce Romains 1v21

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Action de grâces – Romains 1.18-21

« Qu’est-ce qu’on dit?... »

Combien de fois avons-nous lancé cette phrase à un enfant! Nous attendons un merci en retour, car nous sommes soucieux de lui enseigner la politesse et les bonnes manières.

Dieu aussi s’attend à un merci de notre part, mais les raisons vont bien au-delà des bonnes manières.

« Du haut du ciel, Dieu manifeste sa colère contre les hommes qui ne l’honorent pas et ne respectent pas sa volonté. Ils étouffent ainsi malhonnêtement la vérité. En effet, ce qu’on peut connaître de Dieu est clair pour eux, Dieu lui-même le leur ayant fait connaître. Car, depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité se voient dans ses œuvres quand on y réfléchit. Ils n’ont donc aucune excuse, car alors qu’ils connaissent Dieu, ils ont refusé de lui rendre l’honneur que l’on doit à Dieu et de lui exprimer leur reconnaissance. Ils se sont égarés dans des raisonnements absurdes et leur pensée dépourvue d’intelligence s’est trouvée obscurcie. » (1)

Lorsqu’on parle de la fête d’Action de grâce dans nos églises, souvent on trace un parallèle avec la fête de la première gerbe dans l’Ancien Testament (2), pour donner un fondement biblique à notre fête moderne.

Ou encore, on fait appel à un des nombreux textes où on nous exhorte à remercier Dieu pour tous ses bienfaits à notre égard (3) – ce que, de toute évidence, nous devons faire.

Dans mes lectures, plus tôt cette année, un auteur soulignait l’importance de l’action de grâce sur la base du texte de Romains 1. (Malheureusement, j’ai oublié le nom de l’auteur et le titre du livre… J’espère que ça me reviendra…)

Ce n’est pas un texte qui vient en tête spontanément quand on parle d’actions de grâce et de joie et de dire merci. Bien au contraire, le passage parle de colère et de jugement… Hmm! Voulons-nous vraiment parler de ça?…

Et pourtant, là se trouve le vrai fondement théologique de notre fête d’Action de grâces.

Deux vérités sont sous-entendues dans ce que l’apôtre Paul dit ici. D’abord…

Dieu est l’Auteur de tout ce qui est bon

« Depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité se voient dans ses œuvres quand on y réfléchit… »

Dieu est le Créateur. Cette déclaration n’est certainement pas populaire de nos jours. Plusieurs essaient de tricoter autour de cette vérité de toutes sortes de façons, dans le but de pouvoir tenir fermement d’une main leur foi en la Science et de l’autre celle en Dieu. Mais en fin de compte, refuser Dieu comme Créateur, c’est le déshonorer.

« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. » (4) C’est en Jésus-Christ que toutes choses, visibles et invisibles, sont venues à l’existence. (5) Il est l’Auteur suprême de tout ce qui est beau, de tout ce qui est bon, de tout ce qui est bien.

« Ne vous laissez donc pas égarer sur ce point, mes chers frères : tout cadeau de valeur, tout don parfait, nous vient d’en haut, du Père qui est toute lumière et en qui il n’y a ni changement, ni ombre due à des variations. » (6)

Et si Dieu est le Créateur, cela veut dire qu’il est aussi notre Créateur. Nous vivons dans sa création. Nous en faisons partie. Nous ne pouvons pas nous en dissocier ni nous en isoler.

Ce qui nous amène à la deuxième vérité sous-entendue...

Nous sommes bénéficiaires de sa bonté

Oui, nous sommes bénéficiaires de sa bonté. Plus encore, nous en sommes dépendants.

Être dépendant de Dieu… Ça non plus, ce n’est pas très populaire de nos jours. Nous voulons au contraire être indépendants. Nous voulons être forts et nous tenir debout tout seuls. Pas besoin de béquilles…

Et pourtant.

Le Père céleste « fait luire son soleil sur les méchants aussi bien que sur les bons, et il accorde sa pluie à ceux qui sont justes comme aux injustes ». (7) Nous dépendons de lui pour l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, le pain que nous mangeons, et pour toute bonne chose que nous tirons de cette vie. « C’est lui qui donne à tous les êtres la vie, le souffle et toutes choses » (8), nous dit l’apôtre Paul.

Ainsi…

Faillir de remercier Dieu le déshonore et mène à l’égarement

Dire merci, c’est honorer celui qui donne, pour le geste posé.

Faillir de dire merci, c’est être impoli et ingrat.

Faillir de remercier Dieu, c’est être orgueilleux et égoïste, égocentrique même. Car en refusant de voir Dieu comme la source de tout bienfait, on doit en trouver une autre. Immanquablement, tôt ou tard on s’assigne à soi-même ce rôle, déshonorant ainsi le Créateur en le dépouillant du titre qu’il mérite.

Une fois qu’on a remplacé Dieu à la tête, on doit s’inventer toutes sortes de raisonnements pour expliquer les choses. Et on s’égare…

« Ils se sont égarés dans des raisonnements absurdes et leur pensée dépourvue d’intelligence s’est trouvée obscurcie. »

« Qu’est-ce qu’on dit?... »

Dans la Bible, l’action de grâce n’est pas une fête, c’est une disposition de cœur que le croyant doit avoir tous les jours. Si nous en faisons une fête, que ce soit pour nous mettre en garde contre l’égarement.

« Que tout mon être loue l’Éternel, sans oublier aucun de ses bienfaits! » (9)

Fraternellement en Jésus,

 

Éléazar, le moine belliqueux

 

_______________
Tous les passages cités sont tirés de La Bible du Semeur (Colorado Springs : Biblica, 2000).

(1) Lettre de l’apôtre Paul aux Romains, chapitre 1, versets 18 à 21; gras et italique ajoutés.
(2) Livre du Lévitique, chapitre 23, versets 9 à 14.
(3) Par exemple, le Psaume 100 ou 136; ou la Première lettre de l’apôtre Paul aux Thessaloniciens, chapitre 5, verset 18.
(4) Livre de la Genèse, chapitre 1, verset 1.
(5) Lettre de l’apôtre Paul aux Colossiens, chapitre 1, verset 16.
(6) Lettre de Jacques, chapitre 1, versets 16 et 17.
(7) Évangile selon Matthieu, chapitre 5, verset 45.
(8) Livre des Actes des apôtres, chapitre 17, verset 25.
(9) Livre des Psaumes, chapitre 103, verset 2.

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